Sa Sainteté le 14e Dalaï-Lama https://fr.dalailama.com/ en-us Déjeuner à Abi-Spang Spituk https://fr.dalailama.com/news/déjeuner-à-abi-spang-spituk Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/déjeuner-à-abi-spang-spituk Leh, Ladakh, Inde – Aujourd'hui, Sa Sainteté le Dalaï-Lama était invitée à un déjeuner en son honneur à Abi-Spang Spituk par l'Association bouddhiste du Ladakh (LBA) et l'Association Gonpa du Ladakh (LGA). Malgré une pluie persistante et inopportune, Sa Sainteté arriva sur les lieux où l’accueillit le vénérable Dorjé Stanzin, président de la LGA. Ce dernier rendit hommage à Sa Sainteté et la remercia pour sa gentillesse manifestée à l’égard du peuple du Ladakh depuis de nombreuses années. Il souhaita la bienvenue à Thiksé Rinpoché et à tous les autres invités.

Les femmes du village de Spituk, vêtues de leurs plus beaux habits présentèrent le premier des trois spectacles culturels, chantant et dansant avec grâce et joie sur un accompagnement musical traditionnel. S’en suivit les chants et danses d’un grand groupe de la colonie tibétaine de Sonamling sans que la pluie ne tempère leur exubérance. De son côté, le public apprécia le spectacle, abrités de la pluie par des parapluies.

Sa Sainteté fit les remarques suivantes :

« Moines et laïcs, Ladakhis et Tibétains ont organisé cette célébration d’aujourd'hui avec beaucoup de dévouement. Nous autres, Tibétains, parlons des habitants des trois provinces comprenant la région de Dartsedo à l'est jusqu'à la région occidentale de Ngari, adjacente au Ladakh. Nous, Tibétains, avons eu l'occasion de traverser la frontière et nous avons senti que nous étions très proches des habitants du Ladakh, qui partagent notre religion, notre culture et notre langue.

« Je tiens à vous remercier pour l’organisation de cet événement ici aujourd'hui.

« J'ai mentionné les trois provinces du Tibet : dans la partie centrale du Pays des Neiges, le gouvernement tibétain s'occupait principalement de cette partie du pays. Cependant, je parle généralement des trois provinces du Tibet, qui abritent six millions de Tibétains. Nous sommes tous des habitants du Pays des Neiges et partageons la même religion, la même culture et la même langue. Je suis né à Dhomé, dans l'Amdo, l'une de ces trois provinces.

« Lorsque j'ai eu l'occasion de visiter différentes régions du Tibet, j'ai eu le sentiment très fort que nous formions un seul peuple. Je suis né près de Siling, dans l'Amdo. Bien que cet endroit fût éloigné de la région centrale, nous partagions un héritage religieux et culturel commun. Lorsque je parle des trois provinces du Tibet, ce n'est pas tant la politique qui me motive que la reconnaissance du fait que nous, habitants des trois provinces, ne formons qu'un seul peuple.

« L'occupation du Tibet par le régime communiste chinois répond à un programme politique mais tous les Tibétains ont le sentiment d'appartenir à la Terre des Neiges comprenant les trois provinces. Sous le nom de Tibet, la Terre des Neiges, nous avons un fort sentiment d'identité tibétaine. Ceux d'entre nous qui sont originaires du Dhoteu, du Dhomé et de l'U-tsang représentent les six millions de Tibétains. Que nous soyons heureux ou tristes, nous avons tous le même sentiment d'appartenance au peuple tibétain.

« Je me suis rendu dans de nombreuses régions du Tibet et j'ai entendu les différents dialectes qui y sont parlés, mais les gens qui vivent dans ces endroits ont le même sentiment d'appartenir au peuple tibétain. Actuellement, nous vivons dans une région limitrophe du Tibet et, en tant que Tibétains, nous avons un sentiment puissant de former un seul peuple. Cet esprit est fort et clair en nous, et je suis très heureux de le constater.

« Nous avons des monastères et des couvents où nous avons préservé notre tradition spirituelle. Au Tibet central, nous avons les trois grands centres monastiques d'enseignement. Il existe également de grandes institutions monastiques au Kham et en Amdo qui préservent l'essence de notre tradition culturelle.

« Tous les habitants des trois provinces ont un fort sentiment d'appartenance à un même peuple, un peuple avec une seule religion, une seule culture et une seule langue. Il est très important de reconnaître cela.

« Je me trouve ici au Ladakh, à la frontière du Tibet. Comme je l'ai dit, les Tibétains ont un fort sentiment d'appartenance à un même peuple. Ce n'est pas une déclaration politique. Depuis l'époque de Songtsèn Gampo, de grands traducteurs tibétains ont traduit la religion et la culture indiennes en tibétain. Ils nous ont donné les traductions des paroles du Bouddha, le Kangyour, et les traductions des traités commentés, le Tèngyour. Ceux-ci contiennent les enseignements du Bouddha.

« De la partie orientale du Tibet à la frontière avec la Chine, jusqu'au Ladakh, nous avons la même langue, la même culture et la même religion. Ce n'est pas que nous soyons attachés à ces aspects de notre tradition, mais la culture que nous défendons découle des enseignements contenus dans le Kangyour et le Tèngyour. C'est ce que nous avons préservé et que nous continuons d’étudier et de pratiquer.

Nos principales institutions monastiques sont des centres de formation qui font partie intégrante de la préservation des enseignements du Bouddha. Les pays voisins ont également œuvré à la préservation des traditions bouddhistes, mais nous avons adopté une approche différente. Nous nous sommes engagés dans des études rigoureuses, fondées sur la logique et la raison.

« Bien que la Chine soit aujourd'hui le pays puissant qui gouverne le Tibet, les traditions culturelles tibétaines s'y sont même répandues. Les Chinois s'intéressent beaucoup à la tradition bouddhiste tibétaine, qui leur est bénéfique, et l'admirent. La religion et la culture tibétaines sont précieuses. Cette tradition est également préservée depuis mille ans dans les régions frontalières du Tibet.

« Bien que je sois né à Dhomé, j'ai déménagé à Lhassa, où se trouve le trône des Dalaï-Lamas. Grâce à la bonté de mes tuteurs, j'ai étudié les principaux sujets du programme bouddhiste, de la logique à la perfection de la sagesse, en passant par la voie du milieu (Madhyamaka), la connaissance (Abhidharma) et la discipline monastique (Vinaya). Je porte peu d’intérêt à la façon dont l'Abhidharma décrit l'univers, mais mes études des autres matières m'ont été d’une grande utilité.

« Si vous avez une certaine compréhension de la Perfection de la Sagesse, de la Voie du milieu ainsi que de la logique et de l'épistémologie, vous pouvez considérer que vous avez une connaissance approfondie des enseignements du Bouddha. Si vous n'êtes pas familier avec ces sujets, même si vous êtes capable de réciter l'Abhidharma par cœur, votre compréhension ne sera pas très complète.

« Il y a ensuite le tantra. Notre tradition comprend les quatre classes de tantra, ce qui signifie que nous avons une transmission complète des enseignements du Bouddha. L'essence de tous ces enseignements est d'apprendre le fonctionnement de notre esprit et de nos émotions, comment gérer les émotions négatives afin de dompter notre esprit indiscipliné. À travers ce type d'étude et de pratique, nous travaillons à devenir un Bouddha pour le bien de tous les êtres.« D'autres traditions n'incluent pas une étude et une pratique aussi approfondies. Le type de connaissance approfondie du bouddhisme que nous avons ne se trouve nulle part ailleurs. Nous nous concentrons principalement sur la voie du milieu et la logique. Nous étudions les cinq sujets canoniques grâce aux érudits adeptes du passé. C'est une excellente tradition. J'ai étudié les textes de la littérature bouddhiste classique, qui constituent notre tradition culturelle.

« Ici, au Ladakh, qui borde le Tibet, vous manifestez également un grand enthousiasme pour nos traditions bouddhistes communes. Cela me rend très heureux. Dans le cadre de mes efforts pour contribuer à vos propres efforts de préservation de cette tradition bouddhiste, j'ai pu donner des enseignements ici et j'en suis très heureux. Merci. »

Le président de la LBA prononça quelques mots de remerciements. Il exprima sa gratitude à Sa Sainteté et à tous les habitants de Spituk qui ont mis le terrain à disposition et participé à l'organisation de l'événement. Les villageois de Spituk exécutèrent la danse Sheudeul pour conclure les célébrations. Enfin, après le déjeuner, Sa Sainteté s’en retourna à Shéwatsèl Phodrang.


]]>
Déjeuner festif au Sindhu Ghat de Leh https://fr.dalailama.com/news/déjeuner-festif-à-sindhu-ghat Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/déjeuner-festif-à-sindhu-ghat Shewatsel, Leh, Ladakh, Inde – Les célébrations de la visite en cours de Sa Sainteté le Dalaï-Lama au Ladakh se déroulaient ce matin à Sindhu Ghat, le site dédié au fleuve Indus. Dans son discours de bienvenue, Tséring Angchok, honorable vice-président du Conseil autonome de développement des collines du Ladakh (LAHDC) rendit hommage à Avalokitéshvara, défenseur de la paix dans le monde en la personne de Sa Sainteté, ainsi qu’au Gandèn Tri Rinpoché, aux lamas, aux moines et aux autres invités. Au nom de tout le peuple du Ladakh, il pria pour que Sa Sainteté revienne encore et encore au Ladakh.

Les festivités débutèrent par un chant interprété par Mipham Otsal, célébrant l'engagement de Sa Sainteté en faveur de la non-violence, de la compassion et de l'harmonie, ainsi que sa position en tant que pilier du bouddhisme et de la paix dans le monde. S’en suivit une courte saynète retraçant la vie de Sa Sainteté, célébrant ses visites au Ladakh et réitérant le souhait qu'il puisse revenir encore et encore. Sa Sainteté reçut des souvenirs de la part de l'honorable CEC, Tashi Gyalson, des conseillers exécutifs, du chef de l'opposition et du directeur adjoint, en signe de gratitude de la part du peuple du Ladakh. On l’exhorta ensuite à s'adresser à l'assemblée.

« Je tiens à vous remercier, mes amis, peuple du Ladakh, pour avoir organisé cette célébration. D'ici, je peux voir la statue colossale du Bouddha à Stok. En ce qui me concerne, je suis un disciple du Bouddha, notre bienveillant enseignant. L'essence de son enseignement est la non-violence ; il s’agit de ne causer nul tort aux autres, mais d’être gentil et compatissant à leur égard. Je suis un bhikshou, un disciple du Bouddha. Partout où je vais, je parle à mes auditeurs de l'importance de la non-violence. En tant que moine, pratiquant et disciple du Bouddha, je considère que la non-violence et la compassion représentent l’essentiel de son message.

« Aujourd'hui, dans de nombreuses régions du monde, on s'intéresse de plus en plus à l'enseignement du Bouddha, en particulier en ce qui concerne le fonctionnement de notre esprit et de nos émotions. Bien sûr, nous parlons de paix dans le monde mais la paix dans le monde dépend de la paix intérieure de chaque individu.

« Un jour, alors que je me trouvais dans une grande salle, j'ai eu une vision du Bouddha devant moi. Il m'a fait signe de m'approcher, ce que j'ai fait. Il m'a gentiment tapoté la tête et j'ai été envahi par des sentiments mitigés de bonheur et de tristesse. À ce moment-là, j'ai réaffirmé ma détermination à servir le Dharma du Bouddha avec mon corps, ma parole et mon esprit.

« L'enseignement du Bouddha ne repose pas uniquement sur la foi ; il est fondé sur la logique et la raison. Cela vaut également pour son message de paix et de non-violence. Nous avons besoin de paix dans le monde. Il ne s'agit pas seulement de prendre soin d'une ou de deux familles, mais de prendre soin de tous les êtres. C'est pourquoi je fais de mon mieux pour suivre les conseils de notre enseignant compatissant et bienveillant, le Bouddha. Je considère qu'il est de ma responsabilité de diffuser le message de non-violence du mieux que je peux.

« Les gens sont très chaleureux avec moi ici au Ladakh. Ils m'accueillent bien. Je suis venu ici dans ma robe monastique pour parler de paix, pas seulement de la paix dans le monde, mais aussi de la paix dans notre vie même, dans nos foyers, en nous souvenant de la bonté du Bouddha. Je n'ai pas grand-chose d'autre à dire.

« Comme je vous l'ai dit précédemment, j'ai eu une vision du Bouddha, plein de bonté et de compassion et depuis j'essaie de faire de mon mieux pour le servir par tous les moyens appropriés.

« Quand on regarde le monde aujourd'hui, on constate une tendance à recourir à la force. Nous devons faire davantage d'efforts pour créer un monde sans violence. Dans votre propre vie, faites de votre mieux pour ne pas nuire à autrui. Nous devons œuvrer pour la paix. Cela fait également partie de ma pratique. Si chacun d'entre nous s'efforce de cultiver la paix et la non-violence, où qu'il se trouve, il y a l’espoir que nous puissions parvenir à la paix dans le monde. Je pense qu’en y parvenant, nous réaliserons non seulement la paix intérieure, mais nous créerons également une atmosphère positive dans le monde qui nous entoure.

« Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué à l'organisation de ce rassemblement d’aujourd'hui. Je consacre ma vie à la pratique de la non-violence. C'est ce que j'essaie de faire connaître aux autres dans le monde. Il y a une préoccupation croissante pour la paix et la non-violence dans le monde, ce qui est très positif. C'est ce que nous espérons et nous avons le devoir d'œuvrer pour y parvenir. Je prie pour que nous puissions instaurer la paix dans le monde. J'exhorte chacun d'entre vous à faire tout son possible pour y parvenir également. Encore une fois, je vous remercie tous. Tashi Délèk. »

Après une danse joyeuse exécutée par 21 femmes, le conseiller désigné en la personne du Vénérable Kunchok Tséphel prononça quelques mots de remerciement, qu'il conclut en souhaitant une longue vie à Sa Sainteté.

Pour finir, Sa Sainteté se joignit à ses hôtes, aux organisateurs et aux autres invités pour le déjeuner puis s’en retourna à Shewatsel Phodrang.

]]>
Prières pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï-Lama https://fr.dalailama.com/news/prières-pour-la-longue-vie-de-sa-sainteté-le-dalaï-lama-2 Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/prières-pour-la-longue-vie-de-sa-sainteté-le-dalaï-lama-2 Shewatsel, Leh, Ladakh, Inde – On estime à environ 50 000, le nombre de personnes rassemblées aujourd'hui pour la deuxième journée consécutive, sous un soleil de plomb, sur le terrain où se déroulent les enseignements du Kalachakra, adjacent au Shewatsel Phodrang. Elles sont venues offrir leurs prières pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Alors qu'un groupe de percussionnistes et de joueurs de trompes traditionnelles du Ladakh jouaient en signe de bienvenue, Sa Sainteté quitta sa résidence pour se rendre en voiture au pavillon où se déroulent les enseignements, situé à l'autre bout du terrain. La cérémonie était organisée et offerte par l'Association bouddhiste du Ladakh (LBA) et l'Association Gonpa du Ladakh (LGA).

Une fois descendu de la voiturette de golf, après être entré dans le pavillon, Sa Sainteté, rendit tout d’abord hommage à l'image du Bouddha derrière le trône. Thiksé Rinpoché s'avança vers lui pour le saluer. Avant de prendre place, Sa Sainteté se dirigea vers l'avant de l'estrade pour observer la foule et lui faire signe.

Les prières pour la longue vie de Sa Sainteté commencèrent par la Prière des trois continuums. On offrit le rituel du thé et du riz sucré. Ensuite, on invoqua les bouddhas et les bodhisattvas et on leur fit l’offrande des ablutions. Puis on présenta l’offrande du mandala en un verset.

Aujourd'hui, le rituel de prières pour la longue vie de Sa Sainteté se basait sur la Prière aux seize Arhats ou seize Anciens, les disciples libérés du Bouddha qui se sont engagés à protéger son enseignement. Il se poursuivit avec la Prière en sept branches. On offrit le tsog et Sa Sainteté en prit un morceau et le goûta.

Les représentants de la LBA et de la LGA rendirent hommage à Sa Sainteté. Thiksé Rinpoché fit l’offrande du mandala en lui présentant des représentations du corps, de la parole et de l'esprit du Bouddha, des robes monastiques, un bol à aumônes rempli de fruits et un bâton de moine. Sa Sainteté plaça chacun de ces objets à son front en signe de respect. On offrit des plateaux portant des représentations des Huit symboles auspicieux, des Sept emblèmes royaux et des Huit substances de bon augure, avec le souhait que la vie de Sa Sainteté fût prolongée.

On entonna Le chant d'Immortalité - la longue prière pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï-Lama composée par ses deux tuteurs tandis qu'un important cortège de locaux portant des offrandes défilait devant l'estrade. La prière comprenait le refrain suivant :

Nous offrons nos prières d’une intense dévotion,
Avec le souhait que Tenzin Gyatso, protecteur de la Terre des neiges,
Puisse vivre pendant cent éons.
Répandez sur lui vos bénédictions
Pour la réalisation de toutes ses aspirations.

Sa Sainteté s'adressa alors à l'assemblée :

« Mes frères et sœurs dans le Dharma, ce que je souhaite dire, c'est que les habitants du Ladakh et d'ailleurs, moines et laïcs, se sont rassemblés ici avec une fervente dévotion pour offrir ces prières pour ma longue vie. Les Tibétains et les peuples de la région himalayenne qui suivent la tradition bouddhiste tibétaine se sont réunis ici spécialement pour offrir ces prières afin que je vive longtemps.

En ce qui me concerne, je suis né à Dhomé, dans l'Amdo, et j'ai déménagé au Tibet central. Tous les peuples et toutes les divinités du Tibet m'ont accordé leur confiance et leur foi inébranlable. J'ai donc assumé la responsabilité de servir le peuple et les dieux du Tibet. J'ai vécu ma vie dans des circonstances difficiles et j'ai dû faire face à de nombreux défis. »

À ce moment-là, un vieil homme qui était arrivé à la fin du cortège d'offrandes s'approcha pour recevoir la bénédiction de Sa Sainteté, qui éclata de rire car cet homme portait deux chapeaux l'un sur l'autre. Le vieil homme fut suivi d'un Tibétain portant le drapeau tibétain, qu'il présenta à Sa Sainteté.

« Les divinités protectrices tibétaines telles que Nétchoung Tcheugyal, le Grand Roi du Dharma, qui ont prêté serment, m'ont accompagné tout au long de mon dévouement à la cause tibétaine. Les divinités protectrices du Tibet ont œuvré aux côtés des êtres humains sous la direction de Nétchoung. Au Tibet, j'ai principalement vécu au palais du Potala et à Norboulingka, le palais d'été, d'où j'ai servi le peuple tibétain et la tradition tibétaine. J'ai assumé sincèrement la responsabilité du Tibet et de la religion tibétaine. Au cours de toutes ces années, j'ai également invoqué des divinités supramondaines et mondaines pour soutenir la cause tibétaine, et ces divinités ont fait de leur mieux pour nous venir en aide.

« Pour ma part, j'ai étudié le bouddhisme avec mes tuteurs depuis mon enfance. J'ai commencé par les Thèmes collectés, puis j'ai étudié l'esprit et la conscience, la logique, la Perfection de la sagesse, la Voie du milieu (Madhyamaka) et la Connaissance supérieure (Abhidharma), bien que je sois sceptique sur certains aspects. Quoi qu'il en soit, j'ai étudié la philosophie de la Voie du milieu ainsi que la logique et l'épistémologie, la nature de la connaissance, toutes les matières qui représentent remarquablement notre tradition.

« Et puis, concernant la science intérieure de l'esprit, la compréhension du fonctionnement de notre esprit et de nos émotions, aujourd'hui même les scientifiques modernes sont désireux d'apprendre de notre tradition.

« J'ai vécu au Tibet pendant plus de deux décennies et j'ai dû faire face à de nombreux défis. J'ai rencontré le président Mao Tsé Toung à Pékin, où j'ai appris que nous avions des idéologies et des points de vue philosophiques différents. En raison des bouleversements qui ont eu lieu au Tibet, j'ai dû fuir mon pays natal et je vis depuis lors confortablement en exil en Inde.

« J'ai pu contribuer à la préservation des enseignements du Bouddha et me mettre au service des personnes dans différentes parties du monde qui viennent me demander conseil. Je me suis forgé une réputation de maître spirituel. Qu'elles soient croyantes ou non, beaucoup de personnes admirent ce que j'ai accompli.

« Au cours de ma vie, beaucoup de gens m'ont fait confiance, directement ou indirectement, et j'ai prié pour leur bien-être. Je voudrais donc vous saluer tous avec Tashi délèk.

« Quoi que j'aie pu accomplir dans le cadre de mes activités mondaines ou de mes enseignements spirituels, je vous retrouve tous réunis ici pour offrir ces prières pour ma longue vie. De la même façon que vous avez prié pour que je vive longtemps, je prierai pour que vos souhaits se réalisent. Je tiens à vous remercier tous pour ces prières et ces offrandes, et je prie pour que vos prières puissent être exaucées sans obstacles. Merci et Tashi délèk.

« Il convient de noter l'intérêt croissant pour le bouddhisme en Chine continentale aujourd'hui, l'un des pays les plus peuplés au monde. Dans le passé, on me qualifiait de réactionnaire mais je n'ai jamais nourri de rancune ni de pensées malveillantes à l'égard de quiconque.

« Historiquement, depuis l'époque de Songtsèn Gampo, nous avons toujours entretenu des liens étroits avec la Chine. À mesure que le peuple chinois continuera de s'intéresser au bouddhisme, celui-ci se répandra naturellement et je serai heureux de contribuer autant que possible à ce développement.

« Bien sûr, je cultive quotidiennement l'esprit d’éveil de la bodhichitta. Et pour renforcer cette pratique, je médite également sur la vacuité. À mesure que les enseignements vastes et profonds du Bouddha se répandent dans le monde, et en particulier en Chine, j'ai bon espoir que cela conduira à la paix et à l'harmonie dans le monde entier. J'espère également que les populations pourront vivre en paix dans la région himalayenne et que la paix et le calme régneront à la frontière indo-tibétaine. Je crois cela possible.

« Vous vous êtes rassemblés ici avec une foi et une dévotion, inébranlables pour offrir ces prières pour ma longue vie, et je prierai moi aussi avec la ferme détermination de vivre longtemps. » À ce moment précis, des applaudissements retentirent dans l'assistance.

S’en suivit un intermède musical, avec en premier lieu, un groupe de chanteurs et de musiciens ladakhis, puis un groupe du Village des Enfants Tibétains local (TCV) qui interprétèrent des chants en célébration du 90° anniversaire de Sa Sainteté, priant qu'il vive longtemps. Le groupe du TCV entama sa prestation en s'engageant à cultiver un cœur chaleureux, comme expression de leur gratitude envers Sa Sainteté.

À la fin des prières, on invoqua les Seize Anciens et les Rois des Quatre directions une fois encore pour faire la requête d’une longue vie pour le Lama et de la prospérité de ses enseignements. En signe de gratitude envers Sa Sainteté pour avoir accepté la requête de vivre longtemps, le Gandèn Tripa, Djétsoun Lobsang Dordjé Rinpoché fit une dernière offrande du mandala. On récita plusieurs prières de bon augure se terminant par la prière de longue vie de Sa Sainteté en un seul vers :

Dans ce paradis des montagnes enneigées du Tibet,
Vous êtes la source de tous bienfaits et de tout bonheur.
Ô tout puissant Tchènrézi, Tenzin Gyatso,
Puissiez-vous demeurer jusqu’à la fin du samsara.


]]>
Les Huit versets de l'entraînement de l'esprit et le Chant des Quatre Attentions https://fr.dalailama.com/news/les-huit-versets-de-lentraînement-de-lesprit-et-le-chant-des-quatre-attentions Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/les-huit-versets-de-lentraînement-de-lesprit-et-le-chant-des-quatre-attentions Leh, Ladakh, Inde  – Ce matin, Sa Sainteté le Dalaï-Lama quittait sa résidence du Shewatsel Phodrang pour se rendre au pavillon situé à l'autre bout du terrain où il a déjà donné deux fois l'initiation de Kalachakra. Le terrain était bondé de monde, avec environ 50 000 personnes. À l’arrivée de Sa Sainteté, des enfants étaient en train de débattre devant la scène.

Après qu'il eut pris place, on récita des prières, notamment la Prière des Trois continuums, le Soutra du cœur et l'aspiration suivante : Par les mérites que je pourrai ainsi créer en écoutant les enseignements, puissé-je devenir Bouddha afin d’être bénéfique à tous les êtres. On distribua du thé et du riz sucré et on offrit une courte offrande du mandala.

Sa Sainteté commença en rappelant qu'il avait perdu son propre pays, le Tibet, et s'était exilé en Inde. Comme il vit depuis lors dans la région himalayenne, c'est un endroit qui lui est cher. Il souligna que les habitants de cette région avaient un lien particulier avec Avalokitéshvara. Il évoqua son départ du palais de Norboulingka, la traversée de la rivière Kyichou et l'ascension du col qui mène au-delà de la vallée. « J'étais triste de partir, mais je me suis dit que nous étions tous les mêmes en tant qu'êtres humains ; nous voulons tous être heureux et ne pas souffrir. J'ai senti que même si je devais m'exiler, je pourrais toujours partager les enseignements avec les autres.

« Partout où je vais dans la région himalayenne, je trouve des gens fidèles et dévoués, consacrant leur vie à la pratique spirituelle. Bien que les Tibétains aient connu de grandes difficultés et que les restrictions chinoises soient devenues de plus en plus strictes, les peuples de la région himalayenne sont restés nos amis.

En tant que personne qui bénéficie des bénédictions d'Avalokitésvara et qui cultive la bodhicitta et la vue supérieure, j'ai pu générer l'esprit d'éveil et la vue de la vacuité. C'est quelque chose que nous pouvons tous faire. Nous pouvons développer ces pratiques avec enthousiasme. Mon principal conseil est de vous rappeler constamment l'esprit d'éveil de la bodhicitta et la vue de la vacuité. Je le fais moi-même chaque matin dès mon réveil et je reste en méditation pendant un certain temps sur ces principes. Nous parlons ici d'atteindre l'éveil, dont le mot tibétain est jang-tchoub. Il se compose de deux syllabes. La première, jang, signifie surmonter tous les fautes et manquements, tandis que « tchoub » signifie s’enrichir de toutes qualités excellentes que l’on peut peuvent développer.

« Les gens souffrent partout dans le monde. Que nous suivions une pratique religieuse ou non, tout le monde veut être heureux et personne ne veut souffrir. La souffrance a deux racines : avoir une attitude égocentrique et égoïste, et considérer à tort que les choses existent de manière indépendante. Quand je me réveille le matin, je génère l'esprit d'éveil, l'aspiration à atteindre l'éveil, et en réfléchissant à certaines lignes de l'Entrée dans la voie médiane de Chandrakirti, je médite sur la vacuité. Ces deux principes, l'esprit d'éveil et la vacuité, sont l’essence de l'enseignement du Bouddha.

« Il n'y a pas si longtemps, j'ai eu une vision du Bouddha devant moi. Il a levé les yeux, m'a vu et m'a fait signe de m'approcher. Il prononça quelques mots qui évoquaient la bodhicitta et la vacuité, ce qui m'a rendu très heureux.

« En tant qu’adeptes du Bouddha, nous devons faire du développement de l'esprit d'éveil et de la vue de la vacuité, le cœur de notre pratique. En tant que disciples dévoués, vous devriez vous en rappeler les jours. »

Sa Sainteté fit remarquer qu'hier, c’était le jour de l'indépendance de l'Inde. Il exprima son admiration pour l'Inde, suggérant que « ceux d'entre nous qui vivent ici devraient se réjouir de la liberté dont nous jouissons. Nous avons la possibilité de donner du sens à notre vie », ajouta-t-il, en faisant tout notre possible pour aider les autres êtres. Il souligna que l'Inde était une terre où fleurissent de nombreuses traditions religieuses. C'est un lieu où règne l'harmonie. L'essence de la pratique religieuse est d'être bienveillant et non violent, de ne faire de mal à personne. C'est pourquoi l'Inde devrait faire tout son possible pour instaurer la paix dans le monde.

« De très nombreuses personnes se sont rassemblées ici aujourd'hui, fit observer Sa Sainteté, et je tiens à vous remercier tous d'être venus. Pour ma part, je suis né près du Kumbum, dans le nord-est du Tibet, mais j'ai déménagé pour Lhassa. J'ai étudié la philosophie bouddhiste avec mes tuteurs, ce qui m'a ouvert les yeux. J'ai appris que tout dans le monde est comme une illusion. Les choses semblent exister d'une certaine manière, mais ce n'est pas ainsi qu'elles existent réellement. J'ai le sentiment d'avoir donné un sens à ma vie et ce que je vous dis est basé sur ma propre expérience. N'oubliez pas qu'il est important d'avoir un cœur chaleureux et d'aider autrui. »

Sa Sainteté se tourna vers les Huit versets sur l'entraînement de l'esprit et lut le quatrième verset :

Quand je vois des êtres d’un naturel méchant,
En proie aux erreurs et à de violentes souffrances,
Je chérirai ces êtres comme
Un trésor précieux si difficile à trouver.

« Le conseil de Guéshé Langri Thangpa est que nous devrions chérir les autres êtres, même s'ils sont malveillants, lorsque nous les voyons souffrir. »

Les versets suivants disent : Quand quelqu'un, par jalousie, me maltraite, m’insulte ou me cause du tort, j’accepterai la défaite et lui offrirai la victoire… Même si quelqu'un que j'ai aidé et en qui j'ai placé beaucoup d’espoir me blesse cruellement et me fait du mal, je le considérerai comme mon précieux maître spirituel. Sa Sainteté précisa : « Quand d'autres personnes vous critiquent, au lieu de vous mettre en colère contre elles, vous devriez vérifier si leurs critiques sont fondées. Vérifiez si vous avez ces défauts ou non. Si c'est le cas, soyez-leur reconnaissant de vous les avoir signalés. Considérez leurs critiques comme des conseils spirituels. »

Le septième verset dit :

Ainsi, j’offrirai directement et indirectement,
Tout bienfait et tout bonheur à tous les êtres, mes mères, 
Et je prendrai secrètement sur moi
Tous leurs malheurs et toutes leurs souffrances.

Le dernier verset :

Puissent toutes ces pratiques rester non souillées
Par les concepts erronés des huit comportements mondains.
Percevant tous les phénomènes comme illusoires,
Je pratiquerai sans attachement pour libérer de l’asservissement 
Des émotions perturbatrices et du karma, tous les êtres et moi-même.

Sa Sainteté commenta : « Les souffrances que nous rencontrons dans notre vie sont le résultat de nos conceptions erronées. Cependant, en voyant toutes choses comme des illusions, nous pouvons imaginer nos illusions se dissoudre dans la vacuité. »

Puis, Sa Sainteté lut le Chant des Quatre Attentions. Il énuméra les quatre attentions : l'attention au maître, l'attention à l'aspiration altruiste à l'éveil suprême, l'attention au corps en tant que corps divin et l'attention à la vue de la vacuité.

En lien avec la deuxième attention, il dit que nous devrions comprendre que nous sommes confrontés à la souffrance à cause de notre propre esprit indiscipliné et des perturbations mentales qu'il fait naître. Nous trouvons un soulagement en nous rappelant que nos pères et nos mères, qui nous ont protégés avec gentillesse, souffrent également et sont privés de bonheur. « Abandonnez le désir et la haine, méditez sur l'affection et la compassion, et, sans laisser votre esprit vagabonder, placez-le dans la compassion. » Sa Sainteté déclara qu'il mettait systématiquement en pratique ce que ce texte conseille.

En ce qui concerne la quatrième attention, l'attention à la vue de la vacuité, il dit que nous devrions comprendre que les choses nous apparaissent comme si elles avaient une existence objective et indépendante alors qu'elles n'existent pas ainsi en réalité.

« Au Tibet, poursuivit Sa Sainteté, nous intégrons la pratique du soutra et du tantra. Dans le tantra, nous méditons sur le yoga de la déité, en visualisant notre corps transformé en celui d'une déité. Nous apprenons également les différents degrés de subtilité de notre esprit. Nous dépassons la perception ordinaire, qui repose sur un niveau de conscience grossier, pour accéder à notre esprit plus subtil – l'esprit lumineux de claire lumière – et le développer. C'est cet esprit que nous utilisons pour faire l'expérience de la vacuité.

« La tradition bouddhiste que nous avons préservée au Tibet était unique d'un point de vue psychologique. Dans la pratique de l’Anuttara-yoga tantra, nous essayons d'identifier et d'utiliser notre conscience subtile. D'autres traditions n'expliquent pas comment faire cela. Comme elles, nous cultivons l'esprit d'éveil et la vue de la vacuité mais seul le tantra nous permet de cultiver l'esprit subtil et inné de claire lumière, en le transformant en chemin vers l'éveil.

« Si nous y parvenons, les niveaux grossiers de l'esprit s'apaisent et nous pouvons utiliser l'esprit subtil pour réaliser la vacuité. C'est quelque chose d'extraordinairement profond.

« Je suis né en Amdo, je suis venu à Lhassa et j'ai reçu les enseignements de mes tuteurs. En plus d'étudier, j'ai médité sur ce que j'avais appris, ce qui m'a permis d'acquérir de l'expérience sur les enseignements.

« J'ai eu la chance de venir dans cette région de l'Himalaya et de partager ces enseignements avec vous qui suivez la même tradition que nous au Tibet. Le Tibet a connu beaucoup de grands maîtres, des adeptes extraordinaires. Pratiquez bien et vous pourrez peut-être devenir comme eux.

« Nous avons ici et maintenant l'occasion de développer l'esprit d'éveil de la bodhicitta, et il serait bon de le faire. Pensez à devenir Bouddha pour le bien de tous les êtres dotés de conscience à travers toute l'étendue de l'espace. Veuillez réciter ces lignes après moi :

Je cherche refuge en les Trois Rares et Sublimes ;
Je confesse toutes mes actions négatives.
Je me réjouis des vertus de tous les êtres.
Je prends à cœur l'état parfait de la bouddhéité.

Je prends refuge jusqu'à l’éveil
En le Bouddha, le Dharma et l’Assemblée Suprême,
Afin d'accomplir mes objectifs et ceux d’autrui,
Je développe l'esprit d'éveil.

Ayant développé l'aspiration à l'éveil suprême,
J'invite tous les êtres sensibles comme mes hôtes,
Je mettrai en œuvre les excellentes pratiques de l'éveil suprême.
Puissé-je devenir Bouddha afin d’être bénéfique à tous les êtres.

Sa Sainteté fit remarquer qu'il avait pu donner des enseignements sur deux textes dont il a reçu la transmission, ainsi que diriger la cérémonie pour cultiver la bodhicitta pour laquelle il a reçu les bénédictions provenant de la lignée des lamas. Il donna ensuite une transmission orale des mantras du Bouddha Shakyamouni, d’Arya Tara, du Bouddha de la Médecine, de Manjoushri, de Vajragourou, de Djé Tsongkhapa et de la louange du Mig-tsé-ma.

L'événement se termina sur l'offrande d’un mandala de gratitude à Sa Sainteté et sur la récitation de la Prière des paroles de vérité et de la Prière royale.

Souriant et faisant un signe de la main en direction de la foule, Sa Sainteté salua l'assemblée et s’en retourna à sa résidence.


]]>
Pose de la première pierre du nouveau Djokhang à Leh et bénédiction du centre du Dharma à Choglamsar https://fr.dalailama.com/news/pose-de-la-première-pierre-du-nouveau-djokhang-à-leh-et-bénédiction-du-centre-du-dharma-à-choglamsar Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/pose-de-la-première-pierre-du-nouveau-djokhang-à-leh-et-bénédiction-du-centre-du-dharma-à-choglamsar Shewatsel, Leh, Ladakh, Inde – Aujourd'hui, Sa Sainteté le Dalaï Lama s'est rendu en voiture sur le site du temple démoli du Djokhang à Leh. Sous le soleil éclatant du matin, des personnes de tous horizons s’alignèrent le long de la route pour l'accueillir. Sur le site du Djokhang, il fut accueilli par les présidents de l'association bouddhiste du Ladakh et de l'association Gonpa du Ladakh, ainsi que par d'autres dignitaires. Il bénit ensuite le site sur lequel le temple doit être reconstruit.

Après que Sa Sainteté a pris place, les membres du comité de reconstruction lui signalèrent que l'ancien temple présentait des fissures dues aux inondations et aux fortes pluies qui ne pouvaient être réparées. Ils lui montrèrent des plans pour la construction d'un nouveau temple. Des centaines de moines et de laïcs s'étaient rassemblés pour assister à la pose de la première pierre et au dévoilement d'une plaque commémorative sur laquelle on pouvait lire :

Poser les fondations pour la sagesse et la compassion
Reconstruction du Chowkhang (Djokhang) Vihara, Leh, Ladakh

Sous ces deux lignes étaient inscrits le nom complet de Sa Sainteté, Djétsune Djampèl Ngawang Losang Ténzin Gyatso, et la date du jour.

Sa Sainteté s'adressa à l'assemblée :

« Lorsque j'ai entendu parler de l'état de l'ancien temple Djokhang, j'ai pensé que sa reconstruction pourrait offrir des opportunités imprévues. De même, bien que le Tibet ait été dirigé pendant plusieurs siècles par des membres de la lignée des dalaï lamas, ce n'est que de mon vivant que nous avons, confrontés à une telle dévastation, dû nous exiler. Cela nous a également offert des opportunités imprévues dans la mesure où nous sommes venus vivre sur la terre où le bouddhisme est né et où vivaient les huit maîtres bouddhistes indiens, tels qu'Arya Nagarjouna, qui étaient renommés comme les "Six Ornements et les Deux Sublimes".

« Aujourd'hui, nous continuons à préserver la tradition bouddhiste éprouvée par la logique et l’expérience, qui s'était autrefois répandue en Inde. Nous avons préservé cette tradition par l'étude, la méditation et en l'appliquant dans notre propre vie. Je ne veux pas me vanter, mais en ce qui me concerne, les précédents dalaï lamas ont servi l'enseignement du Bouddha, et bien que je sois né dans l'Amdo, la région nord-est du Tibet, je me suis installé à Lhassa où j'ai pu poursuivre ma propre éducation bouddhiste de manière traditionnelle. J'ai pu suivre le triple processus d'étude, de réflexion et de méditation sous la tutelle de mes enseignants.

« Sous leur supervision, j'ai mémorisé les textes fondamentaux et étudié leurs commentaires respectifs. En même temps, j'ai pu combiner mes études avec la pratique des étapes de la voie vers l’éveil (lamrim) et de l'Entraînement de l'esprit (lodjong). J'ai travaillé dur pour intégrer l'étude à la réflexion et à la méditation.

« Au milieu des bouleversements qui ont eu lieu au Tibet en 1959, j'ai décidé de fuir le Norboulingka et de quitter Lhassa. En partant, j'ai pensé au Djokhang de Lhassa et aux peintures qu'il contenait. Lorsque nous avons atteint le col de la vallée, je me suis retourné pour jeter un dernier regard sur la ville, priant pour que mon départ ne soit que temporaire et que je puisse revenir prochainement.

« Depuis que j'ai quitté Lhassa, le nombre de personnes s'intéressant au bouddhisme n'a cessé d'augmenter dans le monde, en particulier en Europe et en Amérique. J'ai fait preuve de diligence dans mes efforts pour les servir. Grâce à mon karma et aux prières que j'ai faites dans le passé, j'ai réussi à contribuer à la renaissance et à la préservation des enseignements du Bouddha, et je continuerai à servir le Dharma du bouddha pendant de nombreuses années encore. Je rends hommage à mon précieux tuteur, Thouptèn Loungtok Namgyal Trinley Ling Rinpoché, qui m'a principalement appris à comprendre les textes philosophiques. Je suis également reconnaissant à mon équipe d'assistants de débat avec lesquels j'ai appris à argumenter et à raisonner.

« J'ai pu présenter le bouddhisme à d'autres personnes, même si mon anglais est médiocre. J'ai comparé la compréhension bouddhiste du fonctionnement de notre esprit et de nos émotions aux approches scientifiques modernes de la psychologie et des neurosciences, ce qui s'est avéré très bénéfique. En effet, j'ai eu de belles discussions avec de nombreux scientifiques sur la psychologie humaine.

« En résumé, je suis né à Dhomey (Amdo), mais j'ai grandi au Tibet central. J'ai reçu mon éducation de mes tuteurs et, après mon arrivée en Inde, j'ai continué à étudier des textes sur la philosophie et la méditation. En d'autres termes, j'ai fait de mon mieux pour partager ma compréhension du bouddhisme avec les autres.

« La façon dont nous étudions les traités bouddhistes classiques est très bonne car elle est basée sur un raisonnement logique. Les rituels tantriques et la vénération des protecteurs du Dharma à l'aide de tambours et de cymbales peuvent être très utiles, mais ce qui est vraiment précieux, c'est l'étude des écritures. Et à ce sujet, nous ne devrions pas simplement nous contenter de l'autorité des citations tirées des écritures ; nous devons utiliser la raison et la logique associées à une compréhension du fonctionnement de l'esprit et des émotions.

« Ayant démoli l'ancien temple, j'apprécie vraiment votre détermination à reconstruire le Djokhang ici. Mais la simple reconstruction du temple n'a rien d'exceptionnel. L'essentiel est qu'il offre à d'autres les moyens d'étudier l'enseignement du Bouddha, comme j'ai pu le faire depuis mon enfance.

« Lorsque vous aurez achevé le temple, vous devrez veiller à ce qu'il devienne un centre d'apprentissage, un endroit où les gens pourront étudier les traités logiques et philosophiques, ce qui leur permettra de s'engager dans un débat dialectique, d'analyser et d'étudier la philosophie bouddhiste. J'espère que vous ferez cela et je prie pour que vous y parveniez. Je vous remercie. »

Depuis le site du Djokhang, Sa Sainteté se rendit à Choglamsar pour consacrer un centre du Dharma construit par l'association Ladakh Gonpa (AGL). Le président de l'AGL l'accueillit à la porte. Sa Sainteté entra dans le hall du centre du Dharma, qui était plein à craquer, et présenta ses respects devant les statues en bois sculpté du Bouddha et d'Avalokitéshvara, et devant une autre statue de Gourou Padmasambhava. Il s'assis ensuite et le président de l'AGL et d'autres personnes lui offrirent un mandala de l'univers ainsi que des représentations du corps, de la parole et de l'esprit du Bouddha. Parmi les prières prononcées, une prière d'un seul verset fut prononcée pour la longue vie de Sa Sainteté :

Dans le royaume pur des chaînes de montagnes enneigées
Vous êtes la source de tout bien-être et de tout bonheur
Tènzin Gyatso, Seigneur Avalokitéshvara,
Puissiez-vous vivre jusqu'à la fin du cycle de l'existence.

Du thé et du riz sucré furent servis avant que Sa Sainteté ne s'adresse à l'assemblée.

« J'ai pu vous rendre visite aujourd'hui parce que cela tombe bien sur le chemin du retour à Shewatsel. Je suis heureux de vous saluer tous, mes amis du Dharma, y compris les abbés, les enseignants et les membres du Sangha.

« Il existe de nombreuses religions dans le monde et, en particulier, de nombreuses traditions religieuses en Inde. Cependant, le bouddhisme attire l'attention des scientifiques, en particulier des psychologues et des neuroscientifiques. Le bouddhisme, tel qu'il a été préservé au Tibet, repose sur une étude rigoureuse faisant appel à la logique et au raisonnement. C'est pourquoi de nombreux scientifiques ont discuté avec moi de notre tradition de logique et d'épistémologie.

« Notre tradition bouddhiste ne se concentre pas sur les prières et les rituels, mais met l'accent sur l'utilisation de la logique (pramana), la perfection de la sagesse (prajnanparamita), la vue de la voie médiane (madhyamaka), etc.

« En ce qui me concerne, j'ai quitté mon lieu de naissance quand j'étais jeune et je me suis rendu au Palais du Potala où j'ai commencé à étudier les Recueils de sujets (dudra) et les Types de raisonnements (tarig) à l'âge de cinq ou six ans.

« Bien que le Tibet ait été en contact avec la Chine et l'Inde depuis l'époque du roi Songtsèn Gampo, c'est le roi Trisong Détsèn qui a invité Shantarakshita à venir au Tibet depuis l'Inde. Par conséquent, notre tradition bouddhiste est authentique. J'ai étudié les textes classiques, bien que je n'aie pas approfondi le Trésor de la connaissance (Abhidharmakosha). J'ai étudié le vinaya, le code de discipline monastique, et la logique.

« Il existait un programme établi pour l'étude du bouddhisme au Tibet et je l'ai suivi. J'ai fini par me présenter aux examens du diplôme de guéshé dans les grands monastères, dont Séra et Drépoung. L'examen s'est terminé par une épreuve finale lors de la Grande Fête des prières (Meunlam Tchènmo), qui s'est tenue au temple Djokhang à Lhassa devant une assemblée de moines-étudiants des trois institutions monastiques de Séra, Drépoung et Gandèn.

« Bien que portant le titre de Dalaï Lama, on ne m’a pas juste placé sur un haut trône : je devais étudier les traités classiques comme n'importe quel autre moine. Le fait de les étudier à fond et de les analyser dans le cadre de débats m'a été d'une grande utilité dans mes discussions avec les scientifiques modernes.

« De Takdrak Rinpoché, j'ai reçu de nombreuses habilitations et autorisations tantriques. Cependant, mon principal professeur de philosophie était Kyabjé Ling Rinpoché. J'étudiais avec lui le matin et l'après-midi, lorsqu'il m'expliquait la philosophie en détail. Il m'a ouvert les yeux sur le riche contenu de notre tradition bouddhiste. Plus tard, lorsque j'ai rencontré des scientifiques, j'ai pu comparer leurs explications avec ce que disent nos textes et j'ai pu apprendre beaucoup d'eux.

« J'ai encouragé non seulement les moines mais aussi les moniales à étudier la philosophie et à apprendre à débattre. Aujourd'hui, la philosophie et le débat sont étudiés dans de nombreux couvents à Dharamsala, Mundgod et ici au Ladakh. L'étude et le débat signifient que nous ne prenons pas l'enseignement pour acquis.

« Quand j'étais jeune, j'avais sept assistants de débat (tsènzhabs), un pour chacun des sept principaux monastères. J'ai pratiqué le débat avec eux. Lorsque j'ai passé mon examen final, j'ai eu le sentiment d'avoir donné un sens à ma vie. Je ne me suis pas contenté de présider des cérémonies en tant que Dalaï Lama, j'ai étudié la philosophie. Quelle que soit la tradition à laquelle ils appartiennent, il est important que tous nos moines et moniales étudient les textes classiques.

« Aujourd'hui, nous voyons des moniales débattre pendant le Grand festival des prières, ce qui est nouveau. L'essentiel est qu'il est très important de préserver le Dharma en l'étudiant et en pratiquant la méditation. C'est pourquoi j'ai encouragé les moniales et les laïcs à étudier.

« Outre l'étude du Dharma, je vous encourage à apprendre l'anglais afin de pouvoir expliquer les enseignements du Bouddha au plus grand nombre de personnes possible. Les moines ne doivent pas se contenter d'étudier, ils doivent être capables de partager leur compréhension avec les autres.

« C'est tout ce que j'avais à dire aujourd'hui, merci. »

Sa Sainteté parcourut ensuite la courte distance qui le séparait de Shewatsel, où il réside.

]]>
Enseignement sur les Trois principaux aspects de la voie https://fr.dalailama.com/news/enseignement-sur-les-trois-principaux-aspects-de-la-voie Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/enseignement-sur-les-trois-principaux-aspects-de-la-voie Karsha Phodrang, Zanskar, Ladakh, Inde – Aujourd'hui, le soleil matinal brillait dans la vallée de la rivière Zanskar. Le trône de Sa Sainteté le Dalaï-Lama avait été installé sous la véranda du Karsha Phodrang, face au monastère de Karsha. Parmi les quelque 21 000 personnes qui s'étaient rassemblées pour écouter son enseignement, les moines s’étaient assis dans le temple derrière lui et les laïcs, sous des parasols sur le sol devant lui. Plusieurs groupes d'écoliers, de moines et de moniales s’étaient engagés dans un débat lorsque Sa Sainteté est arrivée. Il balaya la foule du regard, leur sourit et leur fit signe, puis prit place.

On récita le Soutra du cœur en tibétain, suivi du verset de salutation tiré de l'Ornement de la réalisation claire. Puis, on fit l’offrande du mandala, symbolisant l'univers tout entier, après quoi on chanta le verset suivant :

Puisse le son du grand tambour du Dharma
Dissiper la souffrance des êtres vivants.
Puissiez-vous vivre pour donner des enseignements
Pour des milliards d'ères cosmiques inconcevables.

Avant de commencer son enseignement, Sa Sainteté ravit la population locale en enfilant un chapeau de Lama zanskari, comme s'il était l'un d'entre eux. Des applaudissements retentirent dans la foule.

« Aujourd'hui, dans cette région de l'Inde, nous sommes réunis pour un discours sur le Dharma », commença-t-il. « Mon objectif est de présenter à tous les enseignements du Bouddha. Au Tibet, le pays entouré de montagnes enneigées, s'est répandu le bouddhisme. Mais pour le moment, nous avons perdu notre pays. Toutefois, les enseignements complets du Bouddha que nous avons préservés au Tibet prévalent aujourd'hui dans la région himalayenne. Les enseignements du Bouddha continueront à prospérer pendant longtemps encore. En Occident, où les gens ont un esprit scientifique, beaucoup s'intéressent à nos traditions.

« Transformer l'esprit n'est pas quelque chose de nouveau pour nous, mais dans d'autres régions du monde, il y a un regain d'intérêt pour les enseignements du Bouddha.

« Lorsque nous disons : "Je prends refuge dans le Bouddha...", nous devons savoir ce que signifie le mot Bouddha. La première syllabe du terme tibétain sang-gyé désigne quelqu'un qui a surmonté toutes les souillures qui constituent les émotions perturbatrices et leurs traces résiduelles. La deuxième syllabe représente le fait de voir clairement tout ce qu'il y a à connaître, comme les deux vérités. Le Bouddha est donc quelqu'un qui a surmonté toutes les négativités et acquis une connaissance complète et claire de tout ce qu'il y a à connaître.

« Tcheu, le mot tibétain pour Dharma, désigne quelque chose qui vous protège. De quoi vous protège-t-il ? Nous devons étudier pour le découvrir.

« Le Bouddha a d'abord enseigné les Quatre nobles vérités, puis est finalement entré en parinirvana. Entre-temps, il a donné de nombreux enseignements. En temps voulu, des maîtres tels que Nagarjouna ont expliqué ces enseignements à la lumière de la logique et de la raison.

« Le bouddhisme fut introduit au Tibet sous le règne des empereurs Songtsèn Gampo et Trisong Détsèn. Ce dernier invita Shantarakshita, Kamalashila et Gourou Padmasambhava au Tibet, qui introduisirent et établirent l’enseignement des écritures et des réalisations des Soutras et des Tantras.

« Le Dharma a trait à l'entraînement de l'esprit. Il ne s'agit pas de construire des temples et des stupas. Il s'agit de transformer l'esprit. Par exemple, si vous pouvez cultiver la patience, vous serez capable de faire face aux problèmes et aux difficultés sans vous décourager. Vous aurez le courage de suivre la voie que le Bouddha a suivie et enseignée.

« Vous devrez comprendre ce qu'est la souffrance et pourquoi elle se manifeste. Comme je l'ai dit, l'enseignement nous donne le courage d'affronter les difficultés. Dans mon cas, j'ai étudié l'enseignement du Bouddha depuis mon enfance grâce à la gentillesse de mes professeurs. Au début, je n'appréciais pas le but de ces enseignements, mais en grandissant, j'ai fini par comprendre qu’ils étaient vraiment pratiques et utiles dans ma vie. Lorsque j'ai été confronté à différents défis, ma compréhension spirituelle a fait la différence. Comprendre l'enseignement vous aide à rester calme.

« Ma pratique principale consiste à cultiver à la fois l'esprit d'éveil de la bodhicitta et la vue de la vacuité. J'utilise l'analyse pour comprendre la vacuité et je trouve cela très utile.

« En quoi consistent les enseignements du Bouddha ? Ils offrent la possibilité de transformer son esprit sans se laisser submerger par les émotions perturbatrices. L'important, c’est d'étudier les enseignements, de les comprendre et de les mettre en pratique. »

Montrant la nouvelle statue colossale du Bouddha sous le monastère de Karsha, Sa Sainteté expliqua que lorsque nous voyons des images du Bouddha, elles sont là pour nous rappeler de réfléchir à ce qu'il a enseigné. « Je suis né loin d'ici, dans l'Amdo, et je suis venu à Lhassa où j'ai entendu les enseignements, y ai réfléchi et les ai mis en pratique. Je crois qu'en pratiquant les enseignements du Bouddha, nous transformons non seulement notre propre esprit, mais nous pouvons également contribuer à l'harmonie sociale.

« Nous ne sommes pas réunis ici au Zanskar pour des motifs politiques, mais en raison de notre foi et de nos prières passées. Nous devons étudier, réfléchir et acquérir le goût de l'enseignement. Il ne s'agit pas d'un prestige extérieur. Il s'agit de cultiver un esprit calme et paisible et une force intérieure. Notre but est de mener une vie bénéfique, dans la paix de l'esprit. Si vous étudiez, vous acquerrez la conviction de la validité de l'enseignement. Si vous parvenez à la compréhension en vous basant sur la raison et de la logique, vous serez en mesure de transformer votre esprit et d'atteindre la paix intérieure.

« Aujourd'hui, on m'a demandé de parler du texte court intitulé les Trois principaux aspects de la voie. Il commence par rendre hommage aux enseignants et poursuit ainsi : Je vais expliquer du mieux que je peux l'essence de tous les enseignements du Conquérant, la voie louée par la descendance du Conquérant, l'entrée pour les chanceux qui désirent la libération.

« Le troisième vers dit : Sans une pure détermination à être libre, il n'y a aucun moyen de réduire l’attirance pour les plaisirs de l'existence cyclique. Ainsi, dès le début, recherchez la détermination de vous libérer.

« Le quatrième vers continue : Le temps libre et les opportunités sont difficiles à trouver ; il n'y a pas de temps à perdre ; outrepassez l'attirance pour cette vie. Outrepassez l'attirance pour les vies futures. Pensez sans cesse aux effets infaillibles de l'action et à la souffrance du monde.

« Quand on regarde le monde, on voit toutes ces personnes, attachées aux joies de cette vie qui sont une source de souffrance, n'est-ce pas ? Quand on a une détermination sérieuse à se libérer, son esprit est calme et on ne cherche pas à nuire aux autres. Dans les différentes religions du monde, telles que le christianisme et l'islam, lorsque les adeptes sont sincères dans leur pratique, la paix règne là où ils vivent.

« Cette existence humaine possède 18 qualités particulières. C'est une occasion d'étudier les enseignements et de mener une vie qui a du sens. Si vous ne comprenez pas les enseignements, ils ne vous aideront pas à atteindre un plus grand bonheur pour vous-même et pour autrui.

« Comme le dit le troisième verset : Sans une pure détermination à être libre, il n'y a aucun moyen de mettre fin à l'attirance pour les plaisirs de l'existence cyclique. Ainsi, dès le début, recherchez la détermination à être libre.

« Quand j'étais enfant, mon sentiment d'altruisme envers autrui était faible. Puis mes maîtres, Ling Rinpoché et Trijang Rinpoché m'ont enseigné cela ; j'y ai réfléchi et mon sens de l'altruisme s'est développé et a grandi. En conséquence, quand je repense à ma vie aujourd'hui, je trouve qu'elle a eu du sens.

« J'ai dû faire face à toutes sortes de défis, mais grâce à ma détermination à être libre, à l'éveil de mon esprit et à ma vue juste de la vacuité, je suis resté ferme dans ma détermination à suivre les enseignements du Bouddha. Lorsque je vois des conflits dans le monde, s'intensifient alors mon courage et mon désir d'aider autrui. Cela m'aide à ne pas sombrer dans la dépression, mais à cultiver ma force intérieure et à relâcher l'emprise de l'égocentrisme.

« Dans le cycle de l'existence, la souffrance surgit de partout, résultant de différentes causes et conditions. Lorsqu’on voit la souffrance, on est poussé à développer la détermination de se libérer. J'observe que les gens veulent être heureux mais qu'ils sont principalement occupés par les plaisirs de cette vie. Quand je pense à ma propre vie, je reconnais la chance que j’ai, de ne pas avoir ce genre d'attachement. Je me concentre plutôt sur le travail pour le bien d’autrui.

« Lorsque l’on laisse son esprit s’agiter de ci, de là, sous l’influence de la haine et de l'attachement, on ne rencontre que souffrance et problèmes. En développant un certain degré d'éveil altruiste, on peut avoir confiance en cette vie et en la suivante.

« En ce qui me concerne, sans vouloir me vanter, dès que je me réveille le matin, j’amène ma réflexion sur l'éveil de la bodhicitta. Cela m'aide à développer la confiance nécessaire pour œuvrer au bien-être d’autrui.

« Comme le dit le verset six : La détermination à être libre sans un esprit pur d'éveil n'apporte pas la félicité parfaite de l'éveil insurpassable ; c'est pourquoi les bodhisattvas génèrent le suprême esprit d'éveil.

« Les versets sept et huit décrivent comment générer un tel esprit : Emportés par le courant des quatre fleuves puissants, liés par les liens solides des actions si difficiles à défaire, pris dans le filet de fer de la conception erronée du soi, complètement enveloppés par les ténèbres de l'ignorance, nés et renaissant dans l'existence cyclique sans fin, tourmentés sans cesse par les trois souffrances, tous les êtres, mes mères, se trouvent dans cette condition. En pensant à eux, je génère l'esprit de l'éveil.

« Tout le monde est comme moi dans le sens que personne ne veut souffrir, mais tout le monde veut être heureux. Cependant, comme nous ne comprenons pas quelles sont les causes de souffrance et quelles sont les causes du bonheur, nous nous laissons submerger par les trois poisons, l'avidité, la colère et l'illusion. Lorsque nous familiarisons notre esprit avec la bodhicitta et que nous voyons les autres souffrir, nous souhaitons œuvrer pour leur bien en réalisant l'éveil.

« Cela se reflète au-travers des lignes du verset huit : Tourmentés sans cesse par les trois types de souffrance, tous les êtres, mes mères, se trouvent dans cette situation. En pensant à eux, je génère l'esprit d'éveil.

« Comme je l'ai déjà dit, tout le monde veut être heureux et ne pas souffrir, mais la souffrance nous frappe tandis que le bonheur semble si lointain. C'est pourquoi nous devons penser à œuvrer pour le bien des autres qui sont nos mères souffrantes.

« Les raisons pour développer la vue correcte sont clairement exposées dans le verset neuf : Même si nous pratiquons la détermination à être libres et à générer l'esprit d'éveil, sans la sagesse, la réalisation de la vacuité, nous ne pouvons pas couper la racine de l'existence cyclique ; c'est pourquoi nous nous efforçons de comprendre la production dépendante.

« Dépendant signifie que tout ce qui existe en dépendance - qu'il s'agisse de l'extérieur ou de l'intérieur, même les qualités les plus élevées du Bouddha - n’écarte pas la compréhension de la vacuité. La production se réfère à la manière dont les choses existent en termes de causes et de conditions, leur conventionalité.

« Œuvrer pour le bonheur en créant les causes du bonheur et vaincre la souffrance en surmontant ses causes, c'est très bien. En réfléchissant à la bodhicitta, comme je le fais, ainsi qu'à la vue de la vacuité, auxquelles je réfléchis dès mon réveil, vous constaterez qu'elles sont véritablement sources de bénéfices pratiques. Aucun d'entre vous ici ne souhaite souffrir ; vous voulez être heureux. La souffrance naît de notre comportement égocentrique. Pour parer à cela, nous devons autant que possible essayer d'aimer les autres et de réduire notre comportement égocentrique.

« Voici comment transformer votre esprit en cultivant une attitude altruiste. Je trouve cela très utile. Quand on réfléchit et que l’on familiarise son esprit avec le fait d'aimer les autres entraîne clairement une transformation intérieure. Je vous invite à le faire le plus possible.

« Comme je l'ai mentionné, j'ai entraîné mon esprit depuis mon enfance et j'ai pu remarquer, d'année en année, le changement dans mon esprit. Alors, mes chers amis du Dharma, je vous encourage vivement à développer l'esprit d'éveil. Il est tout à fait naturel d'apporter des changements dans votre esprit en vous familiarisant avec ces principes. Depuis des temps sans commencement, nous nous sommes familiarisés à l'attachement et à la haine. Si nous sommes capables de développer des antidotes à ces émotions perturbatrices, nous pourrons progressivement transformer notre propre esprit en diminuant notre égocentrisme et notre perception erronée de la réalité.

« Les versets dix, onze et douze nous disent :

Celui qui voit la cause et l'effet infaillibles de tous les phénomènes dans l'existence cyclique et la paix, et qui détruit toutes les perceptions erronées, celui-là est entré dans la voie qui plaît au Bouddha. Les apparences sont une production dépendante infaillible : la vacuité est libre de toute affirmation. Tant que ces deux compréhensions sont considérées comme distinctes, l'intention du Bouddha n’est pas encore réalisée. Mais lorsque ces deux réalisations sont simultanées et concomitantes, la simple vision de la dépendance inéluctable fait naître une connaissance certaine qui détruit complètement tous les modes de saisie mentale. À ce moment-là, l'analyse de la vision profonde est complète.

« Les Trois principaux aspects de la voie qui mène à la transformation intérieure sont la détermination à être libre, l'esprit altruiste qui s'éveille et la vue juste. Je me suis efforcé de les cultiver et je les ai trouvés très utiles. De plus en plus de personnes s'intéressent à l'enseignement du Bouddha. Nous sommes nous aussi ses disciples et nous devons faire de notre mieux pour partager ce que nous savons pour le bien-être du monde. Lorsque vous familiarisez votre esprit avec l'altruisme, cela diminue la force de votre comportement égocentrique. »

Sa Sainteté annonça ensuite qu'il allait diriger une brève cérémonie visant à développer l'esprit d’éveil de la bodhicitta. Pour commencer, il invita toutes les personnes présentes à réciter la prière en sept branches afin d'accumuler des mérites et de se purifier. Il exhorta les personnes présentes à répéter les versets suivants après lui :

Je cherche refuge en les Trois Rares et Sublimes ;
Je confesse toutes mes actions négatives.
Je me réjouis des vertus de tous les êtres.
Je prends à cœur l'état parfait de la bouddhéité.

Je prends refuge jusqu'à l’éveil
En le Bouddha, le Dharma et l’Assemblée Suprême,
Afin d'accomplir mes objectifs et ceux d’autrui,
Je développe l'esprit d'éveil.

Ayant développé l'aspiration à l'éveil suprême,
J'invite tous les êtres sensibles comme mes hôtes,
Je mettrai en œuvre les excellentes pratiques de l'éveil suprême.
Puissé-je devenir Bouddha afin d’être bénéfique à tous les êtres vivants.

Après avoir transmis oralement les mantras du Bouddha, d'Avalokitéshvara, de Manjoushri, d'Arya Tara, du Bouddha de la Médecine, de Guru Rinpoché et enfin de l'invocation du mig-tsé-ma de Djé Tsongkhapa, il invita à nouveau l'assemblée de répéter après lui.

Dans ses dernières paroles, Sa Sainteté mit l’emphase sur les Trois principaux aspects de la voie en tant que méthode suprême pour devenir un véritable disciple du Bouddha.

On lui offrit un mandala de gratitude. S’en suivit une prière pour la longue vie de Sa Sainteté, les Paroles de vérité, une invocation aux déités protectrices du Tibet et des versets de bon augure.

Sa Sainteté remercia toutes les personnes qui ont participé à l'organisation de cet événement, ainsi que toutes celles qui y ont assisté.

]]>
Le peuple du Zanskar fait des offrandes de prières pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï-Lama https://fr.dalailama.com/news/le-peuple-du-zanskar-fait-des-offrandes-de-prières-pour-la-longue-vie-de-sa-sainteté-le-dalaï-lama Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/le-peuple-du-zanskar-fait-des-offrandes-de-prières-pour-la-longue-vie-de-sa-sainteté-le-dalaï-lama Zanskar, Ladakh, Inde – Sous un ciel bleu et un soleil radieux ce matin, Sa Sainteté le Dalaï-Lama quittait le Karsha Phodrang pour se rendre en voiture au Duzin Phodrang, faisant référence au lieu où il donna l'initiation de Kalachakra en juillet 1988. À la porte, des tambours l’accueillirent après avoir été salué par des groupes de personnes tout le long de la route, qui lui offraient des écharpes de soie, des fleurs et même des assiettes d'abricots frais. Beaucoup s’inclinèrent en signe de respect sur son passage.

Jouant cors, tambours et cymbales, des lamas l'accueillirent au moment où sa voiture tourna en direction du site du Kalachakra. Il se rendit en premier lieu sur le site du futur Chorten Monlam du Zanskar, où il put voir une maquette représentant un stoupa hémisphérique de style indien. Une affiche explicative montrait que la structure comprendrait une bibliothèque, un musée et une galerie, des bureaux administratifs, un auditorium, un centre d'artisanat, etc. Sa Sainteté dévoila une plaque en laiton décrivant le projet et posa la première pierre avec une truelle de maçon. Debout, à l'ombre d'un parasol doré, il récita des paroles de bénédiction et lança des grains en l'air en priant pour la réussite du projet.

Il se rendit ensuite en voiture au temple de Kalachakra. En chemin, deux groupes étaient engagés dans un débat animé. D'un côté se trouvait un groupe d'écoliers, tandis que de l'autre se trouvait un groupe de femmes en costume traditionnel du Zanskar.

Sa Sainteté prit place devant le trône. À sa droite, étaient assis Sharpa Tcheudjé Rinpoché, Thamthog Rinpoché, l'abbé du monastère de Namgyal, l'abbé du monastère de Gandèn Jangtsé et les jeunes réincarnations de Lhagyal Rinpoché.

Puis commencèrent les prières pour la longue vie de Sa Sainteté, offertes par le peuple du Zanskar, organisées par l'Association bouddhiste du Zanskar, l'Association Gompa du Zanskar et les organisateurs du Grand Débat d'été. Le rituel débuta par des versets de prise de refuge dans les Trois Joyaux. On adressa des demandes aux êtres éveillés afin qu'ils accordent une longue vie au maître. On fit l’offrande du mandala. Le maître de chant entama l'invocation des 16 Arhats, qui constituait la base du rituel d'aujourd'hui. Elle comprenait le refrain : « Veuillez accorder vos bénédictions afin que la vie de notre maître soit protégée ».

Les 16 Arhats ou Anciens sont des êtres qui se sont engagés à protéger les enseignements du Bouddha. Le premier à être invoqué fut Angala, qui résiderait sur le mont Kailash.

Comme le déclarent les versets : « Afin que notre maître vive longtemps et continue à enseigner, nous faisons cette offrande », Sa Sainteté reçut un mandala élaboré, des cadeaux traditionnels tels que des robes monastiques, un bâton de moine, des fruits, etc., ainsi que les huit symboles auspicieux, les sept emblèmes de la royauté et les huit substances de bon augure.

Les dignitaires locaux et les donateurs s’avancèrent pour rendre hommage à Sa Sainteté et recevoir ses bénédictions. Une procession de villageois portant diverses offrandes défila devant et autour du temple, le dernier de la file étant un vieil homme brandissant un drapeau tibétain.

Les demandes continuèrent d’affluer. « Grand timonier de la paix dans le monde, puissiez-vous vivre cent éons. Vous, émanation d'Avalokitéshvara, incarnation de la grande compassion, veuillez vivre longtemps pour le bien de tous les êtres dans les six mondes d'existence. Lampe de la paix dans le monde, puissiez-vous vivre longtemps. Les fidèles vous prient du fond du cœur. Que la vie de notre maître soit protégée et que ses enseignements prospèrent et se répandent. »

Les seize arhats et les quatre protecteurs des directions furent invoqués une fois de plus. Outre Angala, il s'agit de Pindolabharadvaja, Kanakavatsa, Kanaka, Subinda, Bakula, Bhadra, Kalika, Vajraputra, Shvapaka, Panthaka, Rahula, Nagasena, Vanavaasi, Ajita et Culapanthaka.

On adressa des requêtes à l'Ancien Ajita, qui réside dans la forêt de cristal devant la Montagne du Sage, entouré de 100 arhats. On lui fit la requête : « Que la vie de notre maître soit protégée et que les enseignements prospèrent et se répandent. » On invoqua les anciens Kalika et Vanavaasi : « Accordez votre bénédiction afin que notre maître vive longtemps et que les enseignements prospèrent et se répandent. Que la bonne fortune des grands anciens soit avec nous. »

On chanta des prières de dédicace, suivies de la prière des Paroles de Vérité.

Sa Sainteté s'adressa ensuite à l'assemblée : « Aujourd'hui, en cette terre propice, vous m'avez fait une offrande de longue vie. Je vivrai longtemps pour le bien des êtres et des enseignements du Bouddha. Jusqu'à présent, lorsque j'étais au Tibet ou lorsque je me rendais en Chine, en Mongolie, dans la région transhimalayenne et dans de nombreux autres endroits, les gens m'appelaient le Victorieux Tènzin Gyatso, le Dalaï-Lama, en raison de leur foi inébranlable et de leur dévotion sans faille. Beaucoup d'entre eux ont prié pour ma longue vie.

« En cette vie, je suis né Tibétain. J'ai grandi au Tibet. Bien que je n'aie pas pu faire tout ce qui me convenait, dans cette région transhimalayenne, tout le monde, hommes et femmes, moines et laïcs, jeunes et vieux, m'a accordé sa confiance du plus profond de son cœur. Ils ont également prié pour l'épanouissement des enseignements du Bouddha.

« Ici aussi, vous avez célébré un rituel pour ma longue vie. Les habitants des régions transhimalayennes qui vivent aux frontières du Tibet ont une foi inébranlable à mon égard. Mais ce n'est pas seulement ici ; en Occident aussi, où les gens ne sont pas traditionnellement bouddhistes, il y a des gens qui ont foi dans l'enseignement du Bouddha, basée sur une bonne compréhension de ce qu'il a enseigné. Beaucoup de ces intellectuels progressistes m'admirent, moi, le Dalaï-Lama. C'est quelque chose de spécial, d'inhabituel.

« Dans la tradition tibétaine, les lamas sont assis sur un trône élevé et les gens leur rendent hommage. En Occident, cependant, les gens ont un esprit scientifique. Leur admiration ne repose pas seulement sur la foi, mais sur la compréhension des enseignements du Bouddha. Ils ne disent pas : "C'est mon lama, c'est ce qu'il dit", et ne le suivent pas simplement par foi.

« En ce qui me concerne, j'ai essayé d'être sincère, en œuvrant pour le bien des enseignements du Bouddha en général et de nos différentes traditions spirituelles, ainsi que pour le bien de tous les êtres. Par conséquent, il y a des gens qui apprécient sincèrement ce que je dis et qui ont foi en cela.

« Ainsi, en ce lieu très propice, de nombreuses personnes pieuses se sont rassemblées et ont prié pour que je vive longtemps. Grâce à votre dévotion sincère, puisse cette prière pour ma longue vie être exaucée.

« Vous, habitants du Zanskar, et moi-même sommes liés depuis de nombreuses années. Je porte le titre de Dalaï-Lama, mais j'ai étudié la logique et la raison, l'épistémologie (pramana) depuis mon enfance. J'ai également étudié la Perfection de la Sagesse, ainsi que le madhyamaka et d'autres sciences. Enfin, j'ai passé mon diplôme de guéshé lharampa à Lhassa pendant le Grand festival de prières (Mönlam Tchènmo). Depuis lors, je me suis consacré corps et âme au service des enseignements du Bouddha et des êtres.

« Lorsque j'ai visité la Chine en 1954, je me suis beaucoup rapproché de Mao Tsé Toung. Un jour, il m'a dit que la religion était un poison, et j'ai trouvé que c’était une façon stupide de s’exprimer. Au sein de la religion, la tradition bouddhiste que nous suivons, qui est une combinaison de soutra et de tantra, adopte une approche assez scientifique. C'est pourquoi des scientifiques viennent me voir et nous discutons des émotions, de l'esprit et des sentiments. Le bouddhisme a un aspect intellectuel que nous pouvons démontrer par la raison et la logique.

« Depuis mon enfance, j’étudie cette tradition et je ressens de la gratitude envers mes enseignants lorsque je me souviens de leurs qualités physiques, verbales et mentales.

« Cette tradition bouddhiste que nous défendons est fondée sur la raison. Un certain nombre de fidèles se sont rassemblés ici et, avec une foi et un engagement sans faille, ont prié pour ma longue vie. De mon côté, je sens que je vais encore vivre de nombreuses années. Il y a eu des prophéties sur la durée de ma vie, ainsi que des indications dans mes rêves.

« Jusqu'à présent, j'ai donné le meilleur de moi-même pour servir le Dharma du Bouddha et les êtres. J'ai également œuvré pour la paix et la non-violence dans le monde. Cela a été ma pratique unique pour le bien de l'humanité. Et il semble que les esprits et divinités locaux apprécient ce que j'ai fait.

« Vous avez prié du fond du cœur pour que je vive encore plusieurs décennies. J'ai apporté une contribution assez importante à l'enseignement du Bouddha et au monde en général. J'ai partagé les enseignements du Bouddha avec des scientifiques modernes à travers ma propre vision scientifique. Ils admirent ce que j'ai pu leur dire.

« Le Bouddha a fait preuve d’une grande bonté à notre égard. Son enseignement fut expliqué par des maîtres tels que Nagarjouna, Asanga et bien d'autres, ainsi que par des maîtres incomparables des différentes traditions que nous avons eues au Tibet. Nous prions pour que cet enseignement complet du Bouddha, comprenant les traditions des soutras et des tantras, perdure longtemps afin qu'il puisse être utile aux êtres de ce monde. Merci à tous. »

Sa Sainteté se rendit au palais du peuple de Padum (Padum Mimang Phodrang) situé à proximité, où il déjeuna, puis retourna en voiture au Karsha Phodrang.

]]>
Inauguration du grand Symposium d'été de Kargön https://fr.dalailama.com/news/inauguration-du-grand-symposium-dété-de-kargön Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/inauguration-du-grand-symposium-dété-de-kargön Zanskar, Ladakh, Inde – Après deux jours de mauvaises conditions météorologiques qui empêchaient tout déplacement entre Leh et le Zanskar, Sa Sainteté le Dalaï-Lama a pu se rendre aujourd'hui à Padum en hélicoptère. Il fut accueilli en grande pompe à l'héliport par la population du Zanskar et officiellement salué par le commissaire du district de Kargil, Rakesh Kumar, le commissaire principal de police, ainsi que trois conseillers du Conseil autonome de développement des collines du Ladakh. Le pilote et le copilote de l'hélicoptère rejoignirent Sa Sainteté au sol, où il les remercia pour le vol confortable et se leva pour qu'ils puissent être pris en photo avec lui.

Il monta ensuite dans une voiture pour se rendre au nouveau Karsha Phodrang (le palais Kargön). La route menant de l'héliport au Duzin Phodrang, puis du pont sur la rivière Suru jusqu'au nouveau Phodrang était bordée de milliers de personnes vêtues de leurs plus beaux atours. Leurs visages joyeux reflétaient leur allégresse de voir Sa Sainteté parmi eux une fois de plus et de pouvoir le voir passer. Il leur sourit et leur fit signe de la main en retour. Hier, on voyait des gens pleurer de déception que Sa Sainteté n'ait pu venir. Aujourd'hui, ils pleuraient de joie qu'il soit arrivé.

Alors que Sa Sainteté se rendait en voiture au nouveau Phodrang, le conseiller exécutif en chef du Conseil autonome de développement des collines du Ladakh, Tashi Gyalson, arriva au temple. Il rendit hommage aux toulkous avant de prendre place.

Le son des trompettes, des tambours et des cymbales annonça l'arrivée de Sa Sainteté au Karsha Phodrang. À la porte, il fut accueilli par l'abbé du monastère de Karsha et par un représentant de la communauté musulmane. Il se dirigea vers son fauteuil placé à l’avant du trône. À sa droite, étaient assis Thiksey Rinpoché, le Sharpa Tcheudjé Rinpoché et Lhagyal Tulku ; à sa gauche, Thamtog Rinpoché, abbé du monastère de Namgyal.

On récita un verset de bienvenue :

Que le son du grand tambour du Dharma
Disperse les souffrances des êtres sensibles
Puissiez-vous vivre pendant 100 ères cosmiques inconcevables
Et faire tourner la roue du Dharma.

Dans le pays céleste des neiges du Tibet,
Vous êtes la source de tout bienfait et de tout bonheur,
Puissiez-vous, Tènzin Gyatso, Seigneur Avalokitèshvara,
Demeurer jusqu'à la fin du cycle des existences.

Le président du comité organisateur du grand Symposium d'été, Guéshé Losang Tséphèl, ouvrit la séance : « Par ces vers de salutation à Sa Sainteté le Dalaï-Lama, nous lui rendons hommage et lui exprimons notre gratitude pour avoir, de sa présence, honoré cette occasion. Je rends également hommage à Shartsé Tcheudjé Rinpoché, Thiksey Rinpoché, Namgyal Abbot Thamthog Rinpoché, au DC de Kargil, Rakesh Kumar, au CEC Tashi Gyalson et aux autres dignitaires.

« Les monastères, les couvents et les écoles du Zanskar et du Ladakh ont pris à cœur de suivre le conseil de Sa Sainteté de ne pas laisser les textes classiques sur les étagères sans les lire, mais de les étudier et de les approfondir. Ce grand symposium d'été (grand débat d'été) s'inscrit dans le cadre de ce projet. L'accent mis sur ce symposium s’est avéré extrêmement bénéfique pour la population du Ladakh.

« Sa Sainteté nous dit que les habitants de la région himalayenne ont la responsabilité particulière de maintenir le bouddhisme tibétain vivant. Les enseignements bouddhistes bénéficient non seulement aux bouddhistes, mais également à ceux qui recherchent simplement le bonheur dans cette vie. Leur bienfait s'étend au-delà du cadre monastique pour inclure les écoles. Des moines et des moniales du Ladakh, du Zanskar, du Lahaul & Spiti, du Kinnaur, etc., ainsi que des enfants de 27 écoles participent à ce symposium au monastère de Karsha. Les écoliers apprennent régulièrement l'esprit et la conscience ainsi que la logique et le raisonnement, qui font désormais partie de leur programme scolaire général.

« En bref, l'influence de ce symposium d'été n'a pas seulement un effet positif sur les étudiants. Il crée également, pour des personnes de différentes confessions, l’opportunité d’échanger entre elles. C'est l’occasion de diffuser l'éducation.

« Nous avons présenté nos projets à Sa Sainteté à Dharamsala. Il nous a donné son accord et son soutien, ce dont nous lui sommes reconnaissants. Le DC de Kargil et le CEC du LAHDC ont également clairement exprimé leur soutien. Au nom des organisateurs, je tiens à remercier tous ceux qui nous ont aidés. Je prie pour que Sa Sainteté vive longtemps et que ses souhaits se réalisent. Que la paix et le bonheur règnent dans le monde entier. »

Le commissaire de district de Kargil, M. Rakesh Kumar, s'adressa à l'assemblée. Il rendit hommage à Sa Sainteté et aux différents invités et félicita les organisateurs du symposium et ses participants. Il fit la requête à Sa Sainteté de bénir la paix et la prospérité du peuple du Ladakh.

Les écoliers démontrèrent comment ils ont appris à débattre. Ils commencèrent par réciter le verset de salutation tiré de la Sagesse fondamentale de Nagarjouna et un verset d'hommage à Sa Sainteté. Ils récitèrent ensuite de mémoire le chapitre 18 de la Sagesse fondamentale. Ils discutèrent de la manière dont une attitude altruiste, le désir d'aider les autres, est la source de tout bonheur. Ils conclurent en affirmant clairement qu'une attitude altruiste peut s'apprendre, se cultiver et se mettre en pratique.

Un autre groupe discuta des universels (ou concepts génériques) et des occurrences particulières dans le contexte de la cognition valide.

Les invités et les organisateurs s’avancèrent pour recevoir les bénédictions de Sa Sainteté.

Le modérateur annonça qu’on allait maintenant inviter le maître racine de nous tous, le Champion de la paix mondiale, à s'adresser à l'assemblée.

Sa Sainteté commença ainsi : « J'ai quitté ma région natale de l'Amdo et suis venu à Lhassa où j'ai étudié pendant plusieurs années. J'ai donné des conférences publiques au Tibet et visité les grands monastères, les centres d'apprentissage autour de Lhassa.

« Les communistes chinois nous ont non seulement privés de nos droits politiques, mais ils ont également cherché à contrôler nos traditions spirituelles. Lorsque j'étais à Pékin en 1954, Mao m'a dit que la religion était un poison. En fonction de sa propre façon de penser, je crois qu'il était sincère. Même si je n'ai rien répondu, dans mon for intérieur, j'ai compris qu'il était hostile au Dharma.

« La politique communiste chinoise considère que la tradition religieuse n'est rien d'autre qu'une foi aveugle et par conséquent, qu'elle mérite d'être détruite. Ils considèrent le Dharma avec animosité. Cependant, nous défendons l'enseignement du Bouddha qui associe étude, réflexion et méditation. L'étude des grands traités, à la lumière de la logique et de la raison est quelque chose de merveilleux.

« J'ai appris la philosophie et la logique bouddhistes, ainsi que l'esprit et la conscience, dès mon enfance. Pouvoir réfléchir aux enseignements du Bouddha est quelque chose d’inestimable. Ils m'ont été expliqués en termes de logique et de raison. Plus tard, j'ai découvert que même les scientifiques modernes trouvaient que notre approche logique, issue de la tradition de Nalanda était attrayante et intéressante.

« Contrairement à d'autres religions qui reposent davantage sur la foi, notre tradition bouddhiste met l'accent sur la logique et la raison. Ces outils sont extrêmement importants et peuvent nous aider à améliorer notre compréhension de presque tous les sujets. Nous ne tenons pas pour acquis ce que les maîtres précédents nous ont enseigné.

« Parce que nous accordons une importance particulière à la logique et à la raison dans notre façon d'enseigner et d'étudier le bouddhisme, les autorités communistes chinoises ont imposé des restrictions spécifiques à nos traditions, ce qui a entraîné un déclin et une destruction des enseignements bouddhistes au Tibet. Cependant, en exil, nous avons pu maintenir nos traditions vivantes et nos efforts ont reçu un soutien substantiel de la part du gouvernement et du peuple indiens.

« En ce qui me concerne, j'ai étudié les textes classiques et passé des examens pour obtenir mon diplôme de guéshé. L'un de mes professeurs les plus importants était un maître mongol nommé Ngodroup Tsognyi, qui m'a aidé à comprendre la philosophie de la voie médiane. Les débats avec des personnes comme lui m'ont permis d'acquérir une bonne compréhension des enseignements. Sur la base de ma propre expérience, j'ai appris qu’il pouvait être tout à fait bénéfique de participer à des débats. C'est une approche qui nous permet de vraiment utiliser notre intelligence.

« Il peut arriver que nous devions interpréter les enseignements du Bouddha. C'est une bonne chose. Cela élargit notre compréhension. Nous, les Tibétains en exil, sommes un groupe plutôt restreint, mais grâce à notre approche logique, nous avons réussi à préserver nos traditions. Ici, au Zanskar, en cette période critique, ces traditions sont préservées grâce à la logique et à la raison. C'est tout ce que j'ai à dire, merci. »

Les enfants de l'école Rainbow chantèrent les paroles suivantes en dansant au rythme d'un tambour :

Quelle chance nous avons d'avoir le Joyau qui exauce tous les souhaits ici, au nouveau Karsha Phodrang. Bien que vous ayez 90 ans, vous faites de votre mieux. Vous nous avez rendu visite et séjourné parmi nous à plusieurs reprises, et nous avons tous la chance de vous voir, Votre Sainteté. Le simple fait d'avoir la chance d'entendre Tenzin Gyatso, le Dalaï-Lama, remplit nos yeux de larmes de joie. Nous sommes si chanceux d'avoir Sa Sainteté parmi nous, même si elle a maintenant 90 ans. Merci d'être venu inaugurer ce palais.

Des groupes de femmes du Zanskar, vêtues de leurs plus beaux habits et parées de leurs plus beaux bijoux, certaines portant des écharpes teintes à la main sur leurs robes, d'autres ornées de coiffes élaborées, décorées de turquoise et de corail interprétèrent des chants poignants tout en dansant.

Le responsable de l’organisation fut invité à prononcer quelques mots de remerciements. Il rendit hommage au Bouddha qui, mû par la compassion a dissipé les vues fausses. Il rendit compte des coûts liés à la construction du Karsha Phodrang et des fonds qui ont été collectés pour les couvrir. Il remercia toutes les personnes présentes d'être venues, réservant sa plus grande gratitude à Sa Sainteté, qui se leva et se dirigea vers l'ascenseur qui le conduirait à ses appartements, tout en haut du nouveau bâtiment.

]]>
Arrivée au Ladakh https://fr.dalailama.com/news/arrivée-au-ladakh Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/arrivée-au-ladakh Shewatsel, Leh, Ladakh, Inde – Tôt ce matin, Sa Sainteté le Dalaï-Lama s'envolait directement de Dharamsala pour Leh, au Ladakh. À son arrivée, il fut accueilli par le Vén. Thiksey Rinpoché, le Vén. Thuksey Rinpoché, le CEC du Conseil autonome de développement des collines du Ladakh, Tashi Gyalson, le président de l'Association bouddhiste du Ladakh, Dawa Tashi, le président de l'Association des gompas du Ladakh, le Vén. Dorjé Stanzin, des représentants des communautés musulmane et chrétienne, le directeur général de la police du Ladakh, le commissaire adjoint (DC) de Leh et le surintendant de la police.

Après une brève cérémonie de bienvenue, Sa Sainteté et son entourage entamèrent le voyage de neuf kilomètres vers Shéwatsel Phodrang. Une foule en liesse bordait la route tout au long du trajet : des Ladakhis, des Tibétains et des gens venus d'ailleurs. Des jeeps transportant des danseurs en costume et des moines musiciens roulaient en tête. À certains endroits, la foule formait plusieurs rangées. Les gens tenaient des fleurs, des écharpes de soie et de l'encens dans leurs mains. D'autres se protégeaient du soleil brûlant avec des parapluies. Beaucoup chantaient et dansaient au passage de Sa Sainteté. Outre les bouddhistes, des garçons et des filles des écoles musulmanes étaient là pour saluer Sa Sainteté. Un nombre surprenant de jeunes versaient des larmes de joie en voyant passer Sa Sainteté.

À Shéwatsel Phodrang, Sa Sainteté fut accueilli par des moines et des nonnes qui chantaient et jouaient du cor, du tambour et des cymbales. À la porte du palais, des groupes de percussionnistes traditionnels du Ladakh battaient le rythme pour lui souhaiter la bienvenue.

Lorsque Sa Sainteté descendit de voiture, Thiksey Rinpoché était là pour l'accueillir et le conduire au trône à l'intérieur. La salle était pleine. Les moines étaient assis à la droite de Sa Sainteté, tandis que les laïcs étaient assis à sa gauche. Sa Sainteté ne perdit pas de temps pour s'adresser à l'assemblée.

« Le bouddhisme que nous avons au Tibet est quelque chose qui peut s'expliquer scientifiquement et qui est pratique en termes de méditation. Ainsi, la tradition bouddhiste du Tibet peut résister à des tests rigoureux, de la même manière qu’on peut tester l’or en le brûlant, le coupant et en le polissant.

« Les scientifiques ne font aucune affirmation sur les vies passées ou futures, ni ne parlent de libération tout en reconnaissant le calme qui émane des personnes qui pratiquent le bouddhisme tibétain. Leur esprit n'est pas perturbé par des émotions perturbatrices. Si vous voulez considérer le bouddhisme tibétain en termes de libération, il y a encore un long chemin à parcourir, mais si vous le pratiquez correctement, vous serez calme et vous entrerez en relation avec autrui de manière affectueuse et amicale.

« J'observe le bouddhisme tibétain dans ma propre vie et je le trouve très utile. Beaucoup de mes amis, dont des scientifiques, reconnaissent également la valeur de nos traditions bouddhistes.

« Les personnes qui ne savent pas ce qu'est réellement le Dharma se concentrent généralement sur la récitation de mantras et l'accomplissement de rituels. Ce n'est pas la véritable pratique du Dharma. La véritable pratique consiste à dompter votre esprit indiscipliné. Il s'agit de transformer votre esprit afin d'être capables de réduire les émotions perturbatrices dans le but d’être bénéfiques à tous les êtres. Comme vous, ils veulent être heureux et ne veulent pas souffrir. Ces êtres nous aident à cultiver la compassion pour autrui.

« Me concernant, le matin, dès mon réveil, je réfléchis sur la bodhicitta et sur la vacuité, ce qui me permet vraiment d’éviter l'attachement et la colère, qui sont des états d'esprit indomptés.

« Ce serait bien que vous aussi, vous puissiez tous travailler sur ces facteurs qui sapent les émotions perturbatrices que sont l'attachement et la colère, en mettant en pratique l'enseignement unique du bouddhisme tel qu'il est préservé dans notre tradition. C'est ce que j'essaie de faire.

« J'ai commencé à mémoriser et étudier des traités philosophiques dès mon enfance. En grandissant et étant confronté à toutes sortes de défis, j'ai découvert que ce que j'avais appris à l'époque comprenait une approche extrêmement pratique pour contrer les émotions perturbatrices. Lorsque j'ai passé mon examen de guéshé dans différentes universités monastiques autour de Lhassa et débattu avec des guéshés très compétents, j'ai réalisé à quel point la dialectique et le débat étaient efficaces dans l'étude du bouddhisme.

« Ce qui était primordial pour moi, ce n'était pas de m'asseoir sur un trône élevé en tant que toulkou, mais de débattre avec des moines ordinaires en m'asseyant avec eux dans la cour de débat. C'est ainsi que j'ai partagé leur éducation spirituelle. S'asseoir sur un trône élevé et prétendre être un lama saint est une erreur.

« Dans mon cas, je ne suis pas resté inactif et distant. Pendant mes examens, il m’arrivait de m’asseoir pour répondre aux questions qui m'étaient posées, mais je posais également à mon tour des questions. J'ai trouvé le débat très efficace pour mes études. Il a aiguisé mon esprit et m'a permis de discerner correctement la réalité.

« J'avais huit assistants de débat, dont certains étaient d'excellents érudits que j'avais du mal à battre. À moins d'être bien préparé et d'avoir bien réfléchi aux sujets avant de débattre avec eux, il était très difficile de trouver des questions efficaces pour ébranler leur position dans le débat. Cependant, l'assistant de débat du monastère de Déyang était quelqu'un que je pouvais surpasser et parfois tromper, tandis qu'à d'autres moments je le tyrannisais.

« Les autres assistants de débat de Losel Ling, Gomang et Séra représentaient un défi dans le débat et je devais être très bien préparé lorsque je débattais avec eux. En fait, Séra et Drépoung étaient très reconnus pour leurs compétences en matière de débat, tandis que les moines de Gandèn étaient moins nombreux et surnommés "les retraitants de la colline des renonçants". Les érudits de Séra et de Drépoung étaient excellents, démontrant à quel point le débat est essentiel dans notre étude de la philosophie bouddhiste.

« Bien sûr, dans la ceinture transhimalayenne, vous avez la foi et vous intéressez à la tradition bouddhiste tibétaine. Cependant, il est également important que vous étudiiez l'enseignement à travers le débat, qui est basé sur le traité de logique et d'épistémologie, la nature de la connaissance, de façon à pouvoir déraciner les idées fausses. C'est ce que je faisais quand j'étais jeune.

« Nous avons une coutume tibétaine qui consiste à étudier ensemble la voie du milieu (Madhyamaka) et la logique (Pramana). Il s'agit d'une approche unique et utile issue de la tradition de Nalanda. Je me suis consacré corps et âme à l'étude de ces deux disciplines.

« Je sais que vous, dans la ceinture transhimalayenne, disposez déjà d'établissements d'enseignement bien établis, mais il y a toujours matière à amélioration. Je vous recommande d'étudier la voie du milieu et la logique auprès de vos enseignants, puis de mettre en pratique ce que vous avez appris en débattant entre vous. »

Sa Sainteté fit allusion à la destruction que les autorités chinoises ont infligée aux traditions d'étude des grands traités au Tibet. Il souligna l'importance pour les érudits de la région himalayenne de s'efforcer de maintenir ces traditions d'étude vivantes. Il rappela comment le chaos qui régnait au Tibet en 1959 l'avait contraint à fuir et à quitter le pays. Depuis lors, déclara-t-il, le gouvernement de l'Inde n’a eu de cesse d’apporter un soutien immense et une aide considérable aux Tibétains. Il réaffirma que les grandes traditions d’étude qui n’avaient pas pu se poursuivre au Tibet furent rétablies dans les centres d'apprentissage en Inde.

« Les précieuses traditions que nous pouvons étudier et mettre en pratique dans notre vie quotidienne ont décliné au Tibet. Ceux qui ont fui vers l'Inde ont la responsabilité de préserver ces traditions. Au Tibet, beaucoup ont subi les traitements sévères des Chinois, c'est pourquoi ici, en Inde, où nous sommes libres, nous devons faire tout notre possible pour préserver ces précieuses traditions.

« Dans le passé, nous avions de grands pratiquants qui se sont familiarisés avec ces traditions transformatrices. Cela est désormais très difficile à faire au Tibet, c'est pourquoi il est si important que vous, habitants de la ceinture transhimalayenne, préserviez ces traditions.

« J'ai étudié dur quand j'étais jeune et j'ai visité les centres monastiques d'apprentissage pour débattre avec les érudits pendant le Grand Festival de prière (Meunlam Tchènmo). Beaucoup de guéshés ont souhaité débattre avec moi, et je suis reconnaissant d'avoir pu le faire. Quand je repense à ce que j'ai appris pendant ma tournée de débats à Lhassa, je ressens que ma vie a eu du sens.

« La nuit où j'ai quitté le Norboulingka en 1959, j'ai mené de nombreuses investigations, notamment en consultant l'oracle de Nétchoung et en faisant des divinations. J'ai pris la décision de partir. Nous avons traversé la rivière qui traverse Lhassa et avons gravi le col. De là, j'ai regardé en arrière vers la ville où les autorités chinoises avaient imposé des contrôles si stricts que les citoyens étaient soumis à une pression et un stress considérables. J'étais triste de voir que Lhassa, qui avait autrefois été un endroit formidable pour étudier et apprendre les grands traités, n'était plus ce qu'elle était.

« Mais il est inutile de s’attrister plus longtemps. Nous devons agir, plutôt. Lorsque j'ai atteint la frontière tibétaine avec l'Inde, j'ai décidé que je devais mettre tous mes efforts dans la création d'institutions qui préserveraient ce que nous avions autrefois. Nous avons plutôt bien réussi.

« En Chine, la situation politique n'est pas stable, mais l'intérêt pour le bouddhisme est grandissant. J'ai reçu de nombreux messages m'invitant à visiter la Chine, mais je pense qu'il serait difficile d'enseigner le bouddhisme dans un pays où il n'y a pas de liberté. Je pense qu'il est plus efficace d'enseigner le bouddhisme en Inde.

« Vous, les peuples de la région himalayenne, partagez une religion et une culture avec nous, en particulier notre langue et notre littérature. J'ai fait tout mon possible pour raviver et renforcer les liens qui nous unissent. »

Sur ces mots, Sa Sainteté se retira dans ses appartements pour la journée.

]]>
Message de remerciements https://fr.dalailama.com/news/message-de-remerciements Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/message-de-remerciements Chers frères et sœurs,

Je vous remercie pour vos vœux chaleureux à l'occasion de mon 90e anniversaire. J'apprécie beaucoup votre geste.

Le 90e anniversaire est traditionnellement considéré comme une étape importante dans la vie d'une personne. Je me suis consacré à la diffusion du message de compassion et de bonté, que je considère comme la base de la paix et du bonheur dans ce monde, et je continuerai à le faire.

Comme je le dis souvent à mes amis et à mes bienfaiteurs, je vous demande de vous joindre à moi dans cet effort, d'être chaleureux et de mener une vie utile au service des autres ; ce serait le plus beau cadeau d'anniversaire que l’on puisse me faire.

J'ai le sentiment que ma vie a été utile à des personnes du monde entier et je consacre le reste de mon temps au service des autres.

Je vous remercie et vous adresse mes meilleurs vœux,

Dalaï Lama

10 juillet 2025

]]>
Célébration du 90e anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï Lama et de l'année de la compassion https://fr.dalailama.com/news/célébration-du-90e-anniversaire-de-sa-sainteté-le-dalaï-lama-et-de-lannée-de-la-compassion Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/célébration-du-90e-anniversaire-de-sa-sainteté-le-dalaï-lama-et-de-lannée-de-la-compassion Thekchèn Tcheuling, Dharamsala, Inde – l'Administration centrale tibétaine a organisé une grande célébration du 90ème anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï Lama, qui tombe le 6 juillet selon le calendrier occidental, et du lancement de l'année de la Compassion. Sa Sainteté s'arrêta à l'entrée de sa résidence pour regarder et écouter des groupes de chanteurs et de danseurs qui se produisaient avec exubérance pour le féliciter à l'occasion de son anniversaire. Certains jouaient d'instruments tibétains, d'autres de tambours et de cornemuses. Alors qu'ils chantaient en tibétain, le souhait commun était le suivant : « Puisse Sa Sainteté vivre longtemps et continuer d'enseigner du haut de son trône solidement établi ».

Alors que les hymnes nationaux du Tibet et de l'Inde étaient chantés, leurs deux drapeaux furent hissés par Sikyong Pènpa Tséring et l'invité principal Rajiv Ranjan Singh, ministre de la pêche, de l'élevage et de la laiterie au sein du gouvernement central.

Le Sikyong fit ensuite plusieurs remarques introductives. « Votre Sainteté, vous guidez tout le monde sur le chemin de la paix, c'est pourquoi nous vous rendons hommage avec notre corps, notre parole et notre esprit. Vous avez particulièrement enseigné vos quatre engagements : la promotion des valeurs humaines, l'harmonie interreligieuse, l'ancienne sagesse indienne et la préservation de la culture tibétaine. En conséquence, nous consacrons les douze mois à partir d'aujourd'hui à une année de la compassion et nous appelons nos amis et sympathisants à se joindre à nous pour l'observer. »

Le Sikyong fit remarquer que le Kashag avait publié une déclaration et, pour gagner du temps, il demanda aux gens de lire eux-mêmes. Il lut un message que Sa Sainteté a reçu ce matin de la part du Premier ministre Modi :

Je me joins à 1,4 milliard d'Indiens pour adresser nos vœux les plus chaleureux à Sa Sainteté le Dalaï Lama à l'occasion de son 90e anniversaire. Il a été un symbole durable d'amour, de compassion, de patience et de discipline morale. Son message a inspiré le respect et l'admiration de toutes les confessions. Nous prions pour qu'il continue à jouir d'une bonne santé et d'une longue vie.

Il présenta ensuite les invités d'honneur : Sri Rajiv Ranjan Singh, ministre de l'Union pour le Panchayati Raj, la pêche et l'élevage ; Sri Kiren Rijiju, ministre de l'Union pour les affaires parlementaires, les minorités et l'industrie laitière ; Sri Pema Kandu, ministre en chef de l'Arunachal Pradesh, qui était accompagné de sa famille ; Vén. Sonam Lama, ministre des affaires ecclésiastiques, de la santé publique, de l'ingénierie et des ressources en eau du Sikkim ; Sri Tashi Gyalson, directeur général du Ladakh Autonomous Hill Development Council, accompagné de 12 autres membres du conseil. Les députés Droukpa Tséring et Sudhir Sharma, sympathisants de la République tchèque, ainsi que Raja Karuna, du Sri Lanka.

Le Sikyong mentionna également une importante délégation du département d'état américain et du personnel de l'ambassade américaine à Delhi qui ont travaillé avec diligence avec l’ACT pour rétablir une partie des fonds de soutien récemment réduits. Le Sikyong supposa que tout le monde connaissait Richard Gere, qui a longtemps apporté son soutien dévoué à la cause tibétaine et qui est président de la Campagne internationale pour le Tibet. Il était présent avec son fils Homer. L'actuel officier de liaison du MEA et plusieurs de ses prédécesseurs étaient présents, ainsi que Sri Hemraj Bhadwaj et Shalini Agnihotri, surintendant principal de la police. De nombreux autres amis étaient présents, trop nombreux pour être cités.

« Je remercie Sa Sainteté pour sa présence parmi nous, poursuivit le Sikyong. Je remercie également les chefs spirituels qui ont participé à cette conférence fructueuse au cours de laquelle Sa Sainteté a accepté que l'institution du Dalaï Lama soit maintenue.

Sa Sainteté fut invité à s'adresser à l'assemblée.

« Aujourd'hui, mes chers amis, vous célébrez mon 90e anniversaire. Vous vous êtes rassemblés ici avec la joie au cœur. Je suis un être humain et il est naturel pour les êtres humains d'être affectueux et de s'entraider. Ceux d'entre nous qui viennent de pays bouddhistes ont un sens aigu de la fraternité et de la solidarité.

« Je réfléchis régulièrement à ce que Shantidéva a écrit dans son livre, l’Entrée dans les pratiques du bodhisattva, et je considère tous les êtres comme mes amis et mes parents.

« Vous assistez à cette célébration avec bonheur, la joie au cœur. Votre joie m'inspire parce que je cultive l'esprit d'éveil de la bodhicitta. En conséquence, de nombreuses personnes me traitent avec respect. Si j'étais égoïste et égocentrique, ce ne serait pas le cas.

« La bodhicitta est une pratique puissante. En la combinant avec la vision de la vacuité, j'ai jeté les bases de mon éveil. J'ai prononcé les vœux de bhikshou, moine bouddhiste, devant le Djowo, l'image principale du Bouddha à Lhassa, en compagnie de mes tuteurs Tagdak Rinpoché, Ling Rinpoché et Trijang Rinpoché. Je les ai bien préservés, je les observe avec bodhicitta. Si je peux continuer à bien pratiquer, je pourrai mourir en paix.

« J'ai 90 ans aujourd'hui. En plus de la bodhicitta, j'ai également travaillé la concentration (shamatha) et la vision supérieure (vipashyana) du mieux que j'ai pu. J'ai le sentiment de ne pas avoir gaspillé ma vie et, bien que je porte le titre de Dalaï Lama, je ne suis pas fier de moi. En tant que disciple du Bouddha, bhikshou ou moine, servir les autres et les enseignements sont mes principales pratiques.

« La véritable bodhicitta naît progressivement, mais plus je suis enclin à servir les autres, plus la réponse joyeuse que je ressens de la part des autres est grande.

« De nombreuses personnes se sont rassemblées ici aujourd'hui, non par obligation, mais par joie et respect. Je vous invite tous à faire de la bodhicitta et de la compréhension de la vacuité votre propre pratique.

Le président du Parlement tibétain en exil, Khènpo Sonam Tènphèl, prit ensuite la parole. Il remercia les invités, le personnel de l’ACT et les membres de la famille de Sa Sainteté de s'être réunis pour cette célébration. Il passa en revue les réalisations de Sa Sainteté au Tibet et depuis son arrivée en Inde, en insistant sur le fait qu'il avait établi un système démocratique à part entière parmi les Tibétains en exil, en s'appuyant sur les trois piliers que sont le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

« Quel jour glorieux pour célébrer la vie de Sa Sainteté, commença par dire Richard Gere. Ces invités remarquables se sont réunis pour rendre hommage à l'une des personnes les plus extraordinaires qui aient jamais foulé cette planète. Il ne se préoccupe pas vraiment des anniversaires, mais nous, si, surtout celui-ci. Pour lui, chaque jour est un anniversaire, chaque respiration est un anniversaire. Je mène une vie occidentale assez typique, mais Sa Sainteté incarne l'altruisme, l'amour et la compassion. Sa Sainteté n'appartient pas seulement au Tibet, il appartient au monde entier.

Tashi Gyalson, du Ladakh, présenta ses respects à ses compagnons d'infortune et expliqua à l'assemblée que le Ladakh Autonomous Hill Development Council avait récemment créé un portefeuille chargé des affaires tibétaines. « La vie de Sa Sainteté a été un phare d'amour et de compassion. Votre présence nous a donné force et espoir. Nous sommes heureux d'apprendre que vous nous rendrez bientôt visite. Nous avons déclaré le mois de juillet mois de la compassion. Tashi délèk et Julay. »

« Au nom du ministre principal et du peuple du Sikkim, je salue Sa Sainteté à l'occasion de son 90e anniversaire, déclara Vén. Sonam Lama. Le cinquième Dalaï Lama a noué des liens particuliers avec le Sikkim et nombre de nos monastères et temples datent de son époque. Les relations entre le Sikkim et les dalaï lamas sont séculaires, et nous, le peuple du Sikkim, sommes inséparables comme le lait mélangé à l'eau.

Péma Kandu salua ses collègues indiens et les représentants internationaux présents. « C'est avec une immense fierté que je me joins à vous ici. Sa Sainteté est une icône de l'amour et de la compassion, qui a touché des millions de cœurs dans le monde entier. Il a non seulement maintenu en vie son héritage spirituel, la tradition de Nalanda, mais il a également rappelé aux gens que le Tibet est le château d'eau de l'Asie. Il nous a rendu visite fréquemment dans l'Arunachal Pradesh et nous nous inspirons de lui.

« L'éducation du cœur vis-à-vis de l'exercice de la responsabilité et du développement d'une paix durable ne reposent pas sur la peur, mais sur la paix intérieure. Il continue à nous faire comprendre que le véritable bon sens ne réside pas dans le pouvoir, mais dans l'empathie. La plus grande ressource de l'humanité est la bonté. L'Inde a la chance d'être la seconde patrie de Sa Sainteté. Il exprime souvent sa gratitude envers les anciens maîtres indiens tels que Nagarjouna, Shantarakshita et Atisha. Il s'est engagé à faire revivre leurs enseignements pour les adapter aux temps modernes. Grâce à la clairvoyance de Sa Sainteté, les traditions spirituelles tibétaines ont trouvé refuge dans diverses régions de l'Inde. Il a également incité toute la région de l'Himalaya à faire revivre et à préserver son riche patrimoine spirituel et culturel.

« En Arunachal Pradesh, nous avons des liens étroits avec le Dalaï Lama, qui remontent au Ve siècle. La déclaration de Sa Sainteté selon laquelle l'institution du Dalaï Lama se poursuivra a apporté clarté et réconfort à des millions de personnes, en particulier à celles qui appartiennent à la communauté bouddhiste de l'Himalaya. Cette décision renforce le sens de la liberté religieuse.

« Nous, dans l'Arunachal Pradesh, en particulier les Mönpas, et d'autres peuples de la région himalayenne, soutenons sa vision, nous chérissons ses enseignements et nous prions pour que Sa Sainteté vive longtemps, en bonne santé et dans la joie. Puisse sa vie continuer à guider l'humanité vers la paix, la compréhension et l'harmonie. Longue vie à Sa Sainteté le Dalaï Lama, Böd-Gyalo, Tashi Délèk et Jai Hind. »

Kiren Rijiju, invité d'honneur, rendit hommage à Sa Sainteté et salua les autres invités. « Sa Sainteté le Dalaï Lama est l'un des chefs spirituels les plus admirés au monde, déclara-t-il, et il est un invité d'honneur en Inde. Il est le messager de l'ancienne sagesse indienne et nous encourage, nous les Indiens, à faire revivre nos anciennes connaissances. Quelle que soit la décision qu'il prendra concernant l'avenir de l'institution du Dalaï Lama, nous la suivrons et la soutiendrons.

« J'ai eu le privilège d'assister aux célébrations du 80e anniversaire de Sa Sainteté et me revoilà. La communauté tibétaine est pacifique et apporte une contribution positive à la société, où qu'elle se trouve.

« En 2023, j'ai posé avec Sa Sainteté la première pierre du Centre Dalaï Lama pour la sagesse tibétaine et indienne ancienne. Nous avons besoin de sa présence continue parmi nous, car il transcende les frontières religieuses.

« Alors que nous marquons cette étape importante de la vie de Sa Sainteté, il est important d'honorer la profonde relation historique entre l'Inde et le Tibet. De grands maîtres comme Shantarakshita et Gourou Padmasambhava ont voyagé de l'Inde au Tibet au VIIIe siècle et ont planté les graines du Dharma qui allaient s'épanouir dans le sol tibétain. Ces enseignements, enracinés dans la profonde tradition de Nalanda, ont été préservés et améliorés par les érudits tibétains.

« Au nom du peuple et du gouvernement indiens, je me prosterne devant les pieds de lotus de Sa Sainteté et lui souhaite un très joyeux anniversaire et une longue vie afin qu'il puisse continuer à nous guider et à guider l'humanité en souffrance avec sa compassion. Il est un homme d'état visionnaire et un maître spirituel dont l'influence s'étend à l'éthique mondiale. Ses enseignements sur la compassion, la pleine conscience et l'interdépendance trouvent un écho auprès de personnes de toutes confessions et de tous horizons.

« Son application des idées de bodhisattva dans la société moderne, combinant la sagesse (prajna) et la compassion (karouna), est unique. Nous nous sentons bénis par sa présence dans notre pays. Il pense que l'Inde peut apporter une contribution significative à la paix mondiale en cultivant la paix intérieure. Il a régulièrement répété que l'Inde pouvait renouer avec ses connaissances ancestrales.

« En tant que dévot, et au nom de tous les millions de dévots à travers le monde, je tiens à affirmer avec force que, quelle que soit la décision prise par Sa Sainteté au sujet des traditions établies, nous suivrons pleinement les lignes directrices émises par son bureau.

« Je voudrais saluer la déclaration de l'ACT d'observer l'année du 6 juillet 2025 à 2026 comme l'année de la compassion pour exprimer notre gratitude à Sa Sainteté pour ses efforts inlassables dans la promotion des valeurs humaines fondamentales et de la compassion, la promotion de l'harmonie interreligieuse, la préservation de la culture tibétaine et la protection de son environnement naturel, ainsi que la revitalisation de l'ancienne sagesse indienne telle qu'elle a été défendue à Nalanda. Je me sens béni d'être ici. Tashi Délèk. »

Rajiv Ranjan Singh salua les autres invités et Sa Sainteté à l'occasion de son anniversaire. « Puissiez-vous partager le chemin de la sagesse et de la non-violence. Dans le passé, Siddhartha Gotama a médité et obtenu l’éveil. Ses enseignements se sont répandus à partir du Bihar. Aujourd'hui, l'Inde s'intéresse à la science et au bouddhisme. Dharmakirti était un grand professeur de logique dont les idées ont été transmises au Tibet et à la Mongolie. Ils les ont diffusées et étudiées. C'est ainsi que l'ancienne tradition indienne est à nouveau vivante en Inde.

« Les enseignements du Bouddha ont été passés au crible de la raison et de la logique. Je suis particulièrement heureux que tout cela ait commencé au Bihar, d'où je suis originaire. Le nouveau Centre du Dalaï Lama à Bodhgaya est en train de devenir une institution multidisciplinaire ancrée dans la tradition de Nalanda. Nous aurons l'occasion de voir ce qui se passera au fur et à mesure.

« En ce 90e anniversaire, Votre Sainteté, je vous présente mes respects. Tashi Délèk. »

Bethany Poulos Morrison, secrétaire d'État adjointe pour l'Inde et le Bhoutan, lut un bref message :

« C'est un honneur d'être ici. J'ai un message du secrétaire d'État Marco Rubio.

« Les États-Unis présentent leurs meilleurs vœux à Sa Sainteté le Dalaï Lama à l'occasion de son 90e anniversaire. Sa Sainteté continue d'inspirer par son message de paix, d'unité et de compassion. Les États-Unis restent fermement engagés à promouvoir le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales du peuple tibétain. Nous respectons les efforts visant à préserver leur patrimoine linguistique, culturel et religieux distinct, y compris leur capacité à choisir librement et à vénérer leurs chefs religieux sans ingérence. Je vous remercie. »

Trois anciens présidents américains avaient enregistré de brefs messages vidéo. Le président Bill Clinton a déclaré : « Votre Sainteté, Hilary et moi-même sommes honorés de nous joindre à vos innombrables admirateurs pour vous souhaiter un très joyeux 90e anniversaire. Tout au long de votre vie, vous avez été l'une des plus grandes voix pour la paix, le dialogue et la compréhension. Vous avez inspiré des millions de personnes à suivre votre exemple. Nous avons plus que jamais besoin de votre sagesse. »

Le président George W. Bush a déclaré : « Joyeux 90e anniversaire à mon ami le Dalaï Lama. Votre Sainteté, le monde est un endroit troublé. Nous avons plus que jamais besoin de votre esprit de bonté, de compassion et d'amour. Merci pour l'exemple que vous donnez. Je vous souhaite de nombreux autres anniversaires heureux. »

Le président Barack Obama a souhaité à Sa Sainteté : « Joyeux anniversaire au plus jeune des nonagénaires que je connaisse. Mon cher ami, Sa Sainteté le Dalaï Lama, je me rends compte avec humilité que vous êtes un leader sur la scène mondiale depuis plus longtemps que je n'ai vécu. Vous avez montré aux générations ce que signifie pratiquer la compassion et défendre la liberté et la dignité. Pas mal pour quelqu'un qui se décrit comme un simple moine bouddhiste ! Joyeux anniversaire, Votre Sainteté. Merci pour votre amitié et votre exemple. »

Le président de Taïwan a envoyé un message : « Votre Sainteté, je vous adresse mes vœux les plus sincères de santé et de longue vie à l'occasion de votre 90e anniversaire. »

Un énorme gâteau d'anniversaire fut coupé et Sa Sainteté en mangea le premier morceau. Le reste fut distribué aux personnes présentes.

Une chanson célébrant le 90e anniversaire de Sa Sainteté, la chanson thème du Ghoton, fut interprétée en hindi et en anglais par Mohit Chauhan et Bhidishi Sen. Un artiste chinois présenta une œuvre d'art à Sa Sainteté. Le Président a publié une nouvelle biographie du Grand Quatorzième Dalaï Lama. Le Sikyong remit des prix à des membres de longue date de l’ACT. Des souvenirs furent distribués aux invités.

Les organisateurs annoncèrent que Sa Sainteté allait quitter l'estrade et demandèrent à la foule de ne pas bouger. Il traversa la cour en souriant et en saluant les fidèles, les bienfaiteurs et les spectateurs. Une fois qu'il atteignit sa porte et qu'il gravit la colline jusqu'à sa résidence, les chants et les danses internationaux commencèrent.

]]>
Message pour le 90e anniversaire https://fr.dalailama.com/news/message-pour-le-90e-anniversaire Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/message-pour-le-90e-anniversaire À l'occasion de mon 90e anniversaire, je vois que des sympathisants et des amis se rassemblent dans de nombreux endroits, y compris dans les communautés tibétaines, pour célébrer cet événement. J'apprécie particulièrement le fait que beaucoup d'entre vous profitent de l'occasion pour s'engager dans des initiatives qui soulignent l'importance de la compassion, de la chaleur humaine et de l'altruisme.

Je ne suis qu'un simple moine bouddhiste ; je n'ai pas l'habitude de célébrer des anniversaires. Cependant, puisque vous organisez des événements centrés sur mon anniversaire, je souhaite vous faire part de quelques réflexions.

Bien qu'il soit important de travailler au développement matériel, il est vital de se concentrer sur la paix de l'esprit en cultivant un bon cœur et en faisant preuve de compassion, non seulement envers ses proches, mais aussi envers tout le monde. Vous contribuerez ainsi à rendre le monde meilleur.

En ce qui me concerne, je continuerai à me concentrer sur mes engagements de promotion des valeurs humaines et de l'harmonie religieuse, en attirant l'attention sur l'ancienne sagesse indienne qui explique le fonctionnement de l'esprit et des émotions, ainsi que sur la culture et l'héritage tibétains, qui ont tant de potentiel à apporter au monde en mettant l'accent sur la paix de l'esprit et la compassion.

Je développe ma détermination et mon courage dans ma vie quotidienne grâce aux enseignements du Bouddha et de maîtres indiens tels que Shantidéva, dont je m'efforce de respecter l'aspiration.

Tant que durera l'espace,
Tant qu’il y aura des êtres,
Puissé-je moi aussi demeurer aussi longtemps,
Pour dissiper les malheurs du monde.

Je vous remercie d'avoir profité de l’occasion de mon anniversaire pour cultiver la paix de l'esprit et la compassion.

Tashi Délèk et avec mes prières,

Dalaï Lama

5 juillet 2025

]]>
Le CTA offre à Sa Sainteté le Dalaï-Lama des prières de longue vie https://fr.dalailama.com/news/le-cta-offre-à-sa-sainteté-le-dalaï-lama-des-prières-de-longue-vie Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/le-cta-offre-à-sa-sainteté-le-dalaï-lama-des-prières-de-longue-vie Thekchèn Tcheuling, Dharamsala, Inde – Ce matin, le Kashag, le cabinet de l'Administration Centrale Tibétaine (ACT ou CTA), offrit des prières de longue vie à Sa Sainteté le Dalaï-Lama, au nom du peuple tibétain. En arrivant au Tsouglagkhang, le temple tibétain principal, Sa Sainteté fut accueilli par plusieurs invités : Shri Péma Khandu, ministre en chef de l'Arunachal Pradesh, Shri Tashi Gyalson, conseiller exécutif en chef (CEC) du Ladakh, Shri Kiren Rijiju, ministre des Affaires parlementaires de l'Union GOI, et Shri Sonam Lama, ministre des Affaires ecclésiastiques du Sikkim. À l'intérieur du temple, Gandèn Trisour Rinpoché et Sakya Gongma s’avancèrent pour l'accueillir.

Sa Sainteté prit place sur l'estrade, tandis que Sakya Gongma Trichèn Rinpoché, le maître de cérémonie, s'asseyait devant lui. Derrière lui, se trouvait Sakya Trizin, à la droite duquel étaient assis Gandèn Tri Rinpoché, Takloung Shapdroung, Khènpo Ngédo et Minling Khènchèn. À sa gauche, se trouvaient Mènri Trizin, Drikoung Chètsang Rinpoché, Khènpo Donyeu et Jonang Gyaltsab.

Dans la cour du temple, décorée de manière très élaborée, on pouvait voir des photographies de Sa Sainteté à différentes étapes de sa vie, ainsi que celles de champions de la paix : Nelson Mandela, Mahatma Gandhi, Martin Luther King Jr et Mère Térèsa.

Les prières débutèrent par l'invocation en sept vers de Gourou Padmasambhava, une prière pour le bien-être du Tibet. S’en suivit le rituel principal pour la longévité, basé sur une prière à Amitayus, écrite par le Grand Cinquième Dalaï-Lama.

Sakya Gongma Rinpoché se tenait devant Sa Sainteté et rendait hommage au maître sur le trône du lion lorsque l'oracle Tséring Tché-nga s'approcha en transe. Elle fit ses propres offrandes tandis que Sakya Gongma continuait à suivre le rituel qu'il dirigeait. L'oracle Kharak Khyoung Tseun apparut ensuite et s'approcha du trône pour offrir des représentations du corps, de la parole et de l'esprit du Bouddha sur un plateau. L'oracle Nétchoung se présenta en transe et offrit les trois représentations directement à Sa Sainteté. Celui-ci salua ensuite les grands lamas et les principaux membres de l’ACT. Sa Sainteté le Dalaï-Lama reçut les différents oracles, leurs offrandes et leurs prières avec beaucoup d'affection.

Puis on récita le Chant du nectar de l'immortalité, prière de Djamyang Khyèntsé Tcheukyi Lodro.

L'oracle Dordjé Youdreunma apparut en transe, dansant avec énergie, suivi de l'oracle Nyèntchèn Tangla. Les oracles s'approchaient de Sa Sainteté puis repartaient, concentrant leur attention ailleurs, lançaient des poignées de grains colorés en guise de bénédiction, puis revenaient vers Sa Sainteté. À la fin de leur transe, les médiums se mirent en boule et furent rapidement transportés hors du temple par leurs assistants.

On fit une offrande de tsog avec le souhait suivant : « Puissions-nous ainsi surmonter tous les obstacles ».

Une procession continue de membres du personnel de l’ACT portant des offrandes (images sacrées, écritures, etc.) traversa le temple, avec l’intention de les présenter à Sa Sainteté. Le Sakya Gongma Rinpoché dirigea l'offrande du mandala à laquelle participa le Sikyong, président du Parlement et Commissaire à la justice. Puis il offrit trois représentations du corps, de la parole et de l'esprit du Bouddha, une statue d'Amitayus, un manuscrit, un stoupa et un vase d'immortalité. Il offrit ensuite le nectar de longévité et des pilules de longévité. Sa Sainteté en prit quelques-unes et donna les autres à Sakya Gongma,

Puis, on présenta des gâteaux rituels colorés de différentes formes, avec le souhait que les quatre types d'action (paix, accroissement, contrôle et force) soient accomplis. On offrit des plateaux portant les huit symboles auspicieux, les sept emblèmes royaux et les huit substances de bon augure avec le souhait que la vie de Sa Sainteté soit prolongée.

Le Sikyong offrit les trois représentations du corps, de la parole et de l'esprit du Bouddha. Les chefs spirituels des principales traditions bouddhistes du Tibet, ainsi que les beunpos et les djonangpas s’avancèrent dans l’intention de rendre hommage à Sa Sainteté. Il remit à chacun une écharpe de soie blanche et un ruban rouge de protection.

On interpréta le Chant de l'Immortalité, la grande prière pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, écrite par ses deux tuteurs. S’en suivit l'invocation des émanations d'Avalokitéshvara en Inde et au Tibet, composée par Trulshik Rinpoché.

Puis il y eut un intermède musical. Un groupe de jeunes Tibétains et Tibétaines chantèrent pour Sa Sainteté en prenant comme paroles l'unique verset qu'il composa pour sa longue vie à la demande de Dilgo Khyentsé Rinpoché. Ce texte comprend les vers suivants : « Puissiez-vous vivre pour orner la terre, Grand Bodhisattva, puissiez-vous, Tènzin Gyatso, Avalokitéshvara, vivre jusqu'à la fin du cycle de l'existence. »

Sa Sainteté s'adressa à l'assemblée :

« Ici, aujourd'hui, nous avons des représentants des dieux et des êtres humains rassemblant les circonstances de bon augure pour ma longue vie, par vos prières intenses et sincères. Pour ma part, il est clair que j'ai un lien avec Avalokitéshvara. Depuis mon enfance, j'ai ressenti ce lien et j'ai pu servir le Dharma du Bouddha et les êtres du Tibet. J'espère encore vivre plus de 130 ans.

« En Chine, j'ai rencontré Mao Tsé Toung qui m'a dit que la religion était un poison. Je n'ai pas répondu mais j'ai éprouvé de la compassion pour lui. Plus tard, je fis la rencontre de Nehru. Tout au long de ma vie, j'ai rencontré des gens qui s'intéressaient à la religion et d'autres qui ne s'y intéressaient pas. Bien sûr, les gens ont des dispositions mentales différentes, des inclinations et des intérêts différents, comme l'indiquent clairement nos écritures. C'est tout à fait naturel.

« C'est pourquoi nous devons mettre en œuvre des méthodes pour apporter le bonheur et soulager les souffrances, en accord avec les dispositions mentales des gens. Même les personnes sans croyance religieuse s'efforcent d'être heureuses et d'éviter la souffrance. Les scientifiques modernes ne parlent pas beaucoup de religion, mais ils cherchent eux aussi à être heureux et à ne pas souffrir. Chacun fait de son mieux pour être heureux et éviter la misère. Nous, les Tibétains, nous ne voulons pas souffrir, nous voulons être heureux.

« Nous vivons au Tibet depuis des siècles. Nous avons prié Djowo Lokéshvara, Djo Yisshin Norbou et créé un karma collectif. Nous avons dû, moi y compris, fuir notre pays. Et bien que nous soyons physiquement séparés, au plus profond de mon cœur, je reste toujours fidèle à Djowo Lokéshvara. Nous savons tous qu'Avalokitéshvara donne ses bénédictions. J'ai reçu des indications claires que ses bénédictions sont ici avec moi.

« Dès que je me réveille le matin, je fais une prière et je réfléchis à la bodhicitta afin d'atteindre mes objectifs et ceux d’autrui. C'est ainsi que je génère l'esprit d'éveil. J'ai toujours cette motivation et je prie afin de pouvoir être bénéfique à tous les êtres, y compris les animaux. Au cours des dernières années, Avalokitéshvara était présent sur la couronne de ma tête. Je sens que ses bénédictions sont toujours présentes et qu'elles reposent sur moi.

« Les êtres humains comme vous font des offrandes pour que je vive longtemps. Votre dévouement est inébranlable et unique. Pendant la révolution culturelle en Chine, ils ont fourni des efforts collectifs qui leur ont donné de la force. Il en est de même pour nous ; si nous maintenons notre foi en Avalokitéshvara et lui adressons des prières, nous obtiendrons des résultats. Moi-même, je ferai de telles prières.

« Je suis originaire de Dhomey, la partie nord-est du Tibet, et lorsque je revois les différentes prophéties, j'ai le sentiment d'avoir reçu les bénédictions d'Avalokitéshvara et j'ai fait de mon mieux jusque-là. J'espère vivre encore 30 ou 40 ans.

« Nous avons perdu notre pays et nous vivons en exil en Inde, mais j'ai pu apporter des bienfaits aux êtres. En vivant ici à Dharamsala, j'ai l'intention d’être bénéfique aux êtres et au Dharma autant que je le peux. Je visualise Avalokitéshvara sur la couronne de ma tête et j'ai confiance en lui. Vous aussi, vous devriez prier Avalokitéshvara.

« L'essence du Dharma du Bouddha est la bodhicitta. Nous faisons cette prière : Pour réaliser mes objectifs et ceux des autres, je génère l'esprit d'éveil. Vous devriez faire de même. C'est tout, merci. »

On offrit un mandala de gratitude à Sa Sainteté pour le remercier d'avoir accepté de rester 100 éons.

Les lamas revêtirent alors leurs chapeaux traditionnels aux formes et aux couleurs variées, au moment où l’on récitait la prière pour l'épanouissement non sectaire du Dharma du Bouddha. Tout le monde se leva pour l’interprétation de la chanson de Ghoton.

Sa Sainteté quitta le temple en saluant les invités et, tout en se dirigeant vers l'ascenseur, il souriait et saluait les sympathisants enthousiastes. Depuis le côté de la cour, il regagna sa résidence en voiturette de golf, un sourire radieux sur le visage.

]]>
Conclusion de la 15e réunion des chefs religieux tibétains https://fr.dalailama.com/news/conclusion-de-la-15e-réunion-des-chefs-religieux-tibétains Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/conclusion-de-la-15e-réunion-des-chefs-religieux-tibétains Thékchèn Tcheuling, Dharamsala, Inde – Ce matin, la huitième et avant-dernière session de la 15e réunion des chefs religieux tibétains s'est tenue dans la salle de réunion de la résidence de Sa Sainteté.

Assis à l'avant, à la droite de Sa Sainteté, se trouvaient Sakya Trizin, Mènri Trichèn Rinpoché, Drikoung Tchétsang Rinpoché, Takloung Matrul Rinpoché représentant Takloung Shapdroung. À sa gauche étaient assis Gandèn Tri Rinpoché, Minling Khèntchèn (représentant Minling Trichèn), Khènpo Ngédo (représentant Gyalwang Droukpa) et Djonang Gyaltsap. Les Kalons et d'autres membres de l'administration centrale tibétaine (CTA) étaient assis sur le côté de la salle.

Sikyong Pènpa Tséring rendit hommage à Sa Sainteté et aux autres chefs spirituels et lut les trois résolutions de la réunion :

1. Tous les participants ont approuvé et soutenu la récente déclaration de Sa Sainteté.
2. La réincarnation est une question religieuse. La Chine l'utilise à des fins politiques, ce que nous n'accepterons pas.
3. Tous les participants à la réunion acceptent la décision de Sa Sainteté.

Sa Sainteté se tourna vers l'image du Bouddha au fond de la salle pour prendre des photos de lui avec les délégués.

Sa Sainteté s'adressa ensuite à l'assemblée.

« De nombreuses années se sont écoulées depuis notre départ en exil et les Tibétains ont fait preuve d'une force incomparable. Bien que nous vivions en exil, nous avons vraiment réussi à préserver notre religion et notre culture sous ma direction.

« En ce qui me concerne, dès que je me réveille chaque matin, je génère l'esprit d'éveil de la bodhicitta en récitant ces lignes :

Afin d'atteindre mes objectifs et ceux des autres
Je développerai l'esprit d'éveil de la bodhicitta.

« La bodhicitta est ce qui donne le courage de travailler pour les autres. Jusqu'à présent, j'ai été capable de me conduire de manière totalement déterminée sans perdre courage.

« Je vous remercie tous d'avoir organisé cette 15e réunion des chefs spirituels tibétains.

« Je suis venu de Siling à Lhassa où j'ai prononcé mes vœux devant le Djowo.

« Nous avons tous fait preuve de détermination dans la poursuite de notre cause. C'est une très bonne chose que le peuple des trois provinces du Tibet soit resté uni. Je suis considéré comme le leader de ce peuple uni. Je me suis engagé dans cette responsabilité avec toute ma détermination et mon courage.

« En ce qui concerne la tradition bouddhiste tibétaine, il y a des aspects liés aux textes et liés à l’expérience. Vous, mes frères et sœurs du Dharma, lamas et moines, avez la responsabilité de la préserver. S'il vous plaît, continuez à faire de votre mieux. »

Le secrétaire aux affaires religieuses, Dudul Dordjé, prononça un mot de remerciement, exprimant sa gratitude à Sa Sainteté, aux chefs des différentes traditions, aux représentants des monastères, etc.

Les chefs spirituels eurent également quelques mots à ajouter. Le Sakya Trizin mentionna la nécessité de prier pour la longue vie de Sa Sainteté et d'œuvrer à la réalisation de ses paroles et de ses souhaits. Le Gandèn Tri Rinpoché déclara : « Tant que le peuple tibétain restera dans le cycle des existences, puissiez-vous, Votre Sainteté, nous guider vers l'éveil. »

Mènri Tritchèn Rinpoché remercia Sa Sainteté pour ses paroles et exhorta toutes les personnes présentes à suivre les conseils de Sa Sainteté. Minling Khèntchèn exprima le souhait que Sa Sainteté puisse se rendre au Tibet et fouler à nouveau le sol tibétain. Drikoung Tchétsang Rinpoché fit remarquer : « Motivé par la bodhicitta, Sa Sainteté est apparu parmi nous, êtres sensibles, ce qui est notre chance. Même à 90 ans, Sa Sainteté est déterminé à travailler pour tous les êtres. Je prie pour qu'il vive longtemps. »

Khènpo Ngédo indiqua que Sa Sainteté avait reçu de nombreuses demandes pour que l'institution du Dalaï Lama soit maintenue et que sa réincarnation apparaisse. Lors de cette réunion, nous avons pris une résolution en ce sens.

Tagloung Matrul Rinpoché remercia Sa Sainteté pour sa récente déclaration et lut le verset suivant pour sa longue vie :

Je vous adresse ma prière, Noble Suprême Détenteur de Lotus (Padmapani) :
Vous êtes la douce gloire adamantine qui maîtrise la parole,
Le vase de votre sublime vision supérieure est rempli du nectar de la sagesse exaltée,
Et vous êtes le joyau qui embellit
(Orne magnifiquement) le vaste océan des détenteurs du Dharma !

Djonang Gyaltsab déclara qu'il souhaitait rappeler à tous la bonté de Sa Sainteté et ses activités éveillées, qui ne se limitent pas aux Tibétains, mais s'adressent à tous les êtres. Il pria pour que Sa Sainteté vive longtemps et revienne au Palais du Potala pour tourner la roue du Dharma.

Le secrétaire religieux remercia tous ceux qui avaient participé à la réunion et s'excusa pour les lacunes qui avaient pu se produire. Il conclut en observant que la source de tout bien et de tout bonheur dans le monde est le Dharma du Bouddha et il souhaita qu'il demeure longtemps, que les lamas vivent longtemps et que les Tibétains soient unis.

]]>
Déclaration affirmant la continuité de l'institution du Dalaï-Lama https://fr.dalailama.com/news/déclaration-affirmant-la-continuité-de-linstitution-du-dalaï-lama Don Eisenberg https://fr.dalailama.com/news/déclaration-affirmant-la-continuité-de-linstitution-du-dalaï-lama (Traduit de l'original tibétain)

Le 24 septembre 2011, lors d'une réunion des chefs des différentes traditions spirituelles tibétaines, j'ai fait une déclaration à mes compatriotes tibétains à l'intérieur et à l'extérieur du Tibet, aux adeptes du bouddhisme tibétain et à toutes celles et ceux qui ont un lien avec le Tibet et les Tibétains, concernant la question de savoir si l'institution du Dalaï-Lama devait se poursuivre. J'ai déclaré : « Dès 1969, j'ai clairement indiqué que les personnes concernées devraient décider si les réincarnations du Dalaï-Lama devraient se poursuivre à l'avenir. »

J'ai également déclaré : « Lorsque j'aurai environ 90 ans, je consulterai les grands lamas des différentes traditions bouddhistes tibétaines, le peuple tibétain et d'autres personnes concernées qui suivent le bouddhisme tibétain, afin de réévaluer si l'institution du Dalaï-Lama doit se poursuivre ou non. »

Bien que je n'aie pas eu de discussions publiques sur cette question, au cours des quatorze dernières années, les dirigeants des traditions spirituelles du Tibet, les membres du Parlement tibétain en exil, les participants à une réunion générale extraordinaire, les membres de l'Administration centrale tibétaine, des ONG, des bouddhistes de la région himalayenne, de Mongolie, des républiques bouddhistes de la Fédération de Russie et des bouddhistes d'Asie, y compris de Chine continentale, m'ont écrit pour me faire part de leurs raisons et me demander instamment que l'institution du Dalaï-Lama soit maintenue. J'ai notamment reçu, par divers canaux, des messages de Tibétains vivant au Tibet qui formulent le même appel. Conformément à toutes ces demandes, j'affirme que l'institution du Dalaï-Lama sera maintenue.

Le processus de reconnaissance du futur Dalaï-Lama a été clairement établi dans la déclaration du 24 septembre 2011, qui stipule que cette responsabilité incombe exclusivement aux membres du Gaden Phodrang Trust, le bureau de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Ils devront consulter les différents chefs des traditions bouddhistes tibétaines et les protecteurs du Dharma, liés par un serment et indissociables de la lignée des Dalaï-Lama. Ils devront mener à bien les procédures de recherche et de reconnaissance conformément à la tradition.

Je réaffirme par la présente que le Gaden Phodrang Trust est seul habilité à reconnaître la future réincarnation, nul autre n'a le droit d'intervenir dans cette affaire.

Le Dalaï-Lama

Dharamsala

Le 21 mai 2025.


]]>